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<title>Pax christi</title>
<link>http://paxchristiwb.be/</link>
<description></description>
<language>fr</language>
<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 11:57:08 +0100</pubDate>
<lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 11:57:08 +0100</lastBuildDate>
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<copyright>Copyright 2012 - Paxchristiwb</copyright>
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<title>3 conférences pour discuter de l'Islam et des musulmans</title>
<link>http://paxchristiwb.be/news/3-conferences-pour-discuter-de-l-islam-et-des-musulmans,0000321.html</link>
<description><![CDATA[<p>Le mardi 21 f&eacute;vrier &agrave; 20h15&nbsp;:</p>
<h3><b>Hanifa TOUAG&nbsp;: R&eacute;islamisation des jeunes musulmans&nbsp;?</b></h3>
<p>Plusieurs &eacute;tudes montrent que nombre de jeunes musulmans s&rsquo;affirment davantage comme croyants et pratiquants&nbsp;: le sens de ce ph&eacute;nom&egrave;ne n&rsquo;est pas uniforme. Comment le comprendre&nbsp;?</p>
<p>H. Touag est chercheur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; catholique de Louvain.</p>
<p>Le mardi 20 mars&nbsp; &agrave; 20h15&nbsp;:</p>
<h3><b>Taoufik AMZILE&nbsp;: L&rsquo;int&eacute;gration ou l&rsquo;exclusion par l&rsquo;&eacute;conomie</b></h3>
<p>L&rsquo;&eacute;conomie est facteur d&rsquo;inclusion pour nombre de personne en provenance de l&rsquo;immigration&nbsp;: commerces, petites entreprises, etc. Mais elle est aussi facteur d&rsquo;exclusion&nbsp;: la proportion de jeunes qui ne peuvent trouver un emploi est consid&eacute;rable.</p>
<p>T. Amzile est pr&eacute;sident de l&rsquo;Association belge des professionnels musulmans.</p>
<p>Le mardi 17 avril &agrave; 20h15&nbsp;:</p>
<h3><b>Bernard PHILIPPE&nbsp;: La politique europ&eacute;enne en relation avec les &laquo;&nbsp;printemps arabes&nbsp;&raquo;</b></h3>
<p>Les mouvements sociaux et politiques que connaissent plusieurs pays arabes interpellent les politiques &eacute;trang&egrave;res de nos pays&nbsp;: comment l&rsquo;Union europ&eacute;enne se situe-t-elle&nbsp;? Quels sont ses moyens d&rsquo;action&nbsp;?</p>
<p>B. Philippe est Conseiller aupr&egrave;s du Service Europ&eacute;en d'Action Ext&eacute;rieure.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify; "><span style="text-align: -webkit-center; ">Avenue de la Renaissance, 40 - 1000 Bruxelles</span></p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 11:57:08 +0100</pubDate>
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</item>
<item>
<title>À vos baskets !</title>
<link>http://paxchristiwb.be/news/document-320,0000320.html</link>
<description><![CDATA[<p class="p1">Notre mission, c'est concourrir &agrave; l'am&eacute;lioration du dialogue entre toutes les communaut&eacute;s qui peuplent notre pays. C'est un travail difficile, long et peu vendeur. Pourtant, il est indispensable. Qui nierait qu'il n'est pas absolument n&eacute;cessaire d'assurer la rencontre entre les communaut&eacute;s turques de Belgique, les diasporas d'Afrique centrale ?</p>
<p class="p1">Courir avec nous, c'est donner une visibilit&eacute; &agrave; notre travail mais c'est aussi nous aider &agrave; r&eacute;colter le maximum de parrainage.&nbsp;</p>
<p class="p1">Nous nous occupons des formalit&eacute;s administratives li&eacute;es &agrave; la course, nous vous donnons des id&eacute;es pour r&eacute;colter des parrainages et vous courrez.&nbsp;</p>
<p class="p2">&Agrave; vos marques... pr&ecirc;ts ? Envoyez un mail &agrave; <a href="mailto:info@paxchristiwb.be"><span class="s1">info@paxchristiwb.be</span></a> ou&nbsp;appelez-nous au 02.738.08.04.</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 10:33:23 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/news/document-320,0000320.html</guid>
</item>
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<title>Hiver 2012, chronique d’une crise annoncée</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/hiver-2012-chronique-d-une-crise-annoncee,0000319.html</link>
<description><![CDATA[<p class="MsoNormal">En 2011, le Commissariat g&eacute;n&eacute;ral aux r&eacute;fugi&eacute;s et apatrides a recens&eacute; 25.479 demandes d&rsquo;asile<a title name="_ftnref1" href="#_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--></span></a>. Ces demandes sont r&eacute;guli&egrave;rement&nbsp; d&eacute;pos&eacute;es par des mineurs non accompagn&eacute;s ou par des familles enti&egrave;res. Certains sont issus de zones en conflit ou en proie &agrave; une pauvret&eacute; extr&ecirc;me. D&rsquo;autres ont d&ucirc; fuir en raison de leur orientation religieuse ou sexuelle, de leur origine ethnique ou tout simplement parce qu&rsquo;elles sont des femmes et que les traditions en vigueur leur imposent l&rsquo;excision. Afghans, Guin&eacute;ens, Irakiens et Congolais forment &agrave; eux seuls un tiers des demandes.</p>
<p class="MsoNormal">&Agrave; leur arriv&eacute;e en Belgique, ces r&eacute;fugi&eacute;s sont la plupart du temps sans ressources. Ils ont fui un pays o&ugrave; l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; et la pr&eacute;carit&eacute; &eacute;taient telles que leur survie &eacute;tait en danger. Ils n&rsquo;ont aucun moyen de subvenir &agrave; leurs besoins, d&rsquo;autant plus que la loi leur interdit de travailler pendant les 6 premiers mois qui suivent le d&eacute;p&ocirc;t de leur demande.</p>
<p class="MsoNormal">Les demandeurs d&rsquo;asile sont donc dirig&eacute;s vers des centres d&rsquo;accueil qui sont coordonn&eacute;s, soit par Fedasil, l&rsquo;Agence f&eacute;d&eacute;rale pour l&rsquo;accueil des demandeurs d&rsquo;asile, soit par la Croix-Rouge. Ces centres d&rsquo;accueil assurent les besoins vitaux de leurs r&eacute;sidents. Ils leur offrent le g&icirc;te, le couvert et de quoi se v&ecirc;tir alors que le climat belge est bien souvent plus rigoureux que celui de leur pays d&rsquo;origine. Les demandeurs d&rsquo;asile b&eacute;n&eacute;ficient &eacute;galement d&rsquo;une aide sociale, juridique, m&eacute;dicale et psychologique. <o:p></o:p></p>
<h3><b>Manque de place dans les structures d&rsquo;accueil<o:p></o:p></b></h3>
<p class="MsoNormal">La capacit&eacute; du r&eacute;seau d&rsquo;accueil pour les demandeurs d&rsquo;asile s&rsquo;&eacute;levait au 1<sup>er</sup> janvier 2012 &agrave; 23.465 places<a title name="_ftnref2" href="#_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]--></span></a>. Le taux d&rsquo;occupation de ces centres s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 97%, un chiffre qui ferait p&acirc;lir d&rsquo;envie la plupart des h&ocirc;teliers du monde et qui r&eacute;v&egrave;le l&rsquo;insuffisance criante de structures d&rsquo;accueil. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Confront&eacute; &agrave; ses propres manquements, l&rsquo;Etat a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; d&egrave;s 2009 d&rsquo;accepter l&rsquo;h&eacute;bergement de demandeurs d&rsquo;asile dans des h&ocirc;tels, une solution qui peut para&icirc;tre all&eacute;chante mais qui s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e catastrophique. Livr&eacute;s &agrave; eux-m&ecirc;mes, les r&eacute;ceptionnistes n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; en mesure d&rsquo;affronter la mis&egrave;re humaine &agrave; laquelle ils devaient faire face. Tour &agrave; tour, assistant social, conseiller juridique ou psychologique, ils n&rsquo;ont pu remplacer les indispensables services rendus par les centres d&rsquo;accueil.</p>
<p class="MsoNormal">Con&ccedil;u comme une solution d&rsquo;urgence, l&rsquo;h&eacute;bergement de demandeurs d&rsquo;asile dans les h&ocirc;tels s&rsquo;est &eacute;ternis&eacute;. La prolongation de cette formule et la surpopulation des chambres ont caus&eacute; des probl&egrave;mes sanitaires dans certains d&rsquo;entre eux au point que l&rsquo;autorit&eacute; de tutelle a d&ucirc; en fermer l&rsquo;un ou l&rsquo;autre<a title name="_ftnref3" href="#_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]--></span></a>.</p>
<p class="MsoNormal">Les mesures prises &eacute;tant de toute &eacute;vidence insuffisantes, en novembre 2011, le personnel de Fedasil avait manifest&eacute; son m&eacute;contentement. Il d&eacute;non&ccedil;ait alors &laquo;&nbsp;<i>un r&eacute;seau d&rsquo;accueil sur-satur&eacute; et un manque de moyens au niveau de l&rsquo;accueil des demandeurs d&rsquo;asile&nbsp;</i>&raquo;<a title name="_ftnref4" href="#_ftn4"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]--></span></a>. Les ONG &eacute;galement s&rsquo;inqui&eacute;taient de voir nombre de demandeurs d&rsquo;asile terminer &agrave; la rue parce que les structures d&rsquo;accueil n&rsquo;&eacute;taient pas en mesure de les recevoir.</p>
<p class="MsoNormal">Elles ajoutent &eacute;galement qu&rsquo;une population importante, certains d&eacute;bout&eacute;s de leur demande d&rsquo;asile et ne sachant o&ugrave; aller, d&rsquo;autres n&rsquo;ayant jamais os&eacute; en d&eacute;poser une car ils savent qu&rsquo;ils sont issus d&rsquo;un pays consid&eacute;r&eacute; comme &laquo;&nbsp;s&ucirc;r&nbsp;&raquo; et n&rsquo;ont donc aucune chance de voir leur demande accept&eacute;e, n&rsquo;a pas acc&egrave;s &agrave; ces centres et doit donc se d&eacute;brouiller par elle-m&ecirc;me.</p>
<h3><b>P&eacute;nurie organis&eacute;e&nbsp;? <o:p></o:p></b></h3>
<p class="MsoNormal">Depuis plusieurs ann&eacute;es, de nombreux partis politiques rivalisent d&rsquo;imagination pour proposer des solutions visant &agrave; diminuer l&rsquo;afflux de demandeurs d&rsquo;asile. Ceux-ci sont per&ccedil;us par une part grandissante de la population comme des vecteurs d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, voire comme des individus malhonn&ecirc;tes venus en Belgique profiter de notre syst&egrave;me social. De l&agrave; &agrave; les traiter de voleurs, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;un pas qu&rsquo;il para&icirc;t ais&eacute; de franchir. &laquo;&nbsp;<i>90% des demandeurs d&rsquo;asile n&rsquo;ont pas de raison de venir ici&nbsp;</i>&raquo;, d&eacute;clarait en janvier 2012 Maggie de Block (Open-VLD), la nouvelle secr&eacute;taire d&rsquo;Etat en charge de l&rsquo;Asile et de l&rsquo;Immigration<a title name="_ftnref5" href="#_ftn5"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]--></span></a>.</p>
<p class="MsoNormal">S&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute;e progressivement l&rsquo;id&eacute;e insidieuse que les structures d&rsquo;accueil constituaient un appel d&rsquo;air incitant les malheureux du monde entier &agrave; venir s&rsquo;installer en Belgique. Afin d&rsquo;&eacute;viter que leur nombre ne grandisse ind&eacute;finiment, des voix se sont fait entendre pour limiter leur capacit&eacute;.<i>&nbsp; </i><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">C&eacute;dant aux sir&egrave;nes du populisme, Annemie Turtelboom (Open-VLD), ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur du gouvernement pr&eacute;c&eacute;dent, s&rsquo;est ainsi illustr&eacute;e par son refus obstin&eacute; de prendre des mesures dans ce secteur. Yvan Mayeur (PS), pr&eacute;sident du CPAS de Bruxelles le d&eacute;nonce&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Chaque gouvernement, chaque ministre successif nous dit qu&rsquo;il ne faut pas cr&eacute;er de places, que ce n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire</i><a title name="_ftnref6" href="#_ftn6"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[6]<!--[endif]--></span></a>&nbsp;&raquo;. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Le nouveau gouvernement dirig&eacute; par Elio di Rupo depuis d&eacute;cembre 2011, faisant fi de toute logique, a franchi un pas suppl&eacute;mentaire. Refusant de se contenter de l&rsquo;inaction qui avait &eacute;t&eacute; le propre de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; que 2.900 places devraient &ecirc;tre supprim&eacute;es &agrave; la fin du mois de mai 2012. <o:p></o:p></p>
<h3><b>Une crise humanitaire pr&eacute;visible<o:p></o:p></b></h3>
<p class="MsoNormal">L&rsquo;hiver 2012 a &eacute;t&eacute; marqu&eacute; par des temp&eacute;ratures polaires. Ainsi, l&rsquo;Observatoire royal m&eacute;t&eacute;orologique n&rsquo;a pas observ&eacute; pendant les 10 premiers jours de f&eacute;vrier de temp&eacute;ratures exc&eacute;dant les -5&deg;. Il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; rare que les temp&eacute;ratures nocturnes descendent en dessous de -10&deg;, y compris &agrave; Bruxelles. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Ces conditions, pourtant assez habituelles en Belgique, ont attir&eacute; l&rsquo;attention de la population et des m&eacute;dias sur la situation des personnes vivant dans la rue. &Agrave; des temp&eacute;ratures pareilles, la mort par hypothermie n&rsquo;est pas rare. Le bon c&oelig;ur des Belges s&rsquo;est alors attendri. Des pressions importantes ont &eacute;t&eacute; faites sur le gouvernement pour qu&rsquo;il prenne la mesure de la situation et propose des mesures d&rsquo;urgence. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Assez rapidement, il est apparu que les structures d&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence destin&eacute;es aux personnes sans domicile fixe &eacute;taient satur&eacute;es. Outre les sans-abris eux-m&ecirc;mes, s&rsquo;y entassent &eacute;galement tous les demandeurs d&rsquo;asile que Fedasil n&rsquo;&eacute;tait pas en mesure d&rsquo;h&eacute;berger ou par tous les ill&eacute;gaux. L&rsquo;incurie de nos gouvernements successifs a donc provoqu&eacute; un engorgement des structures d&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Dans une ultime tentative de sauver la face, le gouvernement di Rupo a tent&eacute; d&rsquo;ouvrir ci et l&agrave; des centres temporaires d&rsquo;accueil. La Secr&eacute;taire d&rsquo;Etat a ainsi largement communiqu&eacute; autour de l&rsquo;ouverture de 60 places d&rsquo;h&eacute;bergement qui seraient ainsi disponibles &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport militaire de Beauvechain, &agrave; 40 km de la capitale. Dans le m&ecirc;me temps, le CPAS de Bruxelles annon&ccedil;ait qu&rsquo;il avait d&ucirc; h&eacute;berger avec ses propres moyens 1.100 personnes. Finalement, vaille que vaille, en alignant des bouts de chandelle, la Secr&eacute;taire d&rsquo;Etat a quand m&ecirc;me r&eacute;ussi &agrave; ouvrir un peu plus de 800 places suppl&eacute;mentaires &agrave; Bruxelles. <o:p></o:p></p>
<h3><b>Refus de prendre ses responsabilit&eacute;s<o:p></o:p></b></h3>
<p class="MsoNormal">Toutes ces mesures, si elles sont absolument n&eacute;cessaires, ne seront jamais que temporaires. Maggie de Block n&rsquo;en d&eacute;mord pas. Sur un plateau de la RTBF, elle d&eacute;clarait le 5 f&eacute;vrier 2012&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Les mesures d&rsquo;urgence temporaires prises dans le cadre du plan d'urgence ne signifient en rien qu'il faille cr&eacute;er de nouvelles places d'accueil pour les demandeurs d'asile</i><a title name="_ftnref7" href="#_ftn7"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[7]<!--[endif]--></span></a>&nbsp;&raquo;. Toutes les places suppl&eacute;mentaires cr&eacute;&eacute;es dans le cadre du plan d&rsquo;urgence seront ferm&eacute;es &agrave; la date du 31 mars.</p>
<p class="MsoNormal">Face &agrave; la difficult&eacute; que le gouvernement &eacute;prouve &agrave; g&eacute;rer cette crise et &agrave; son refus d&rsquo;y apporter une solution structurelle, les ONG ont fait appel &agrave; la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; du public. R&eacute;pondant &agrave; cet appel, la RTBF a ouvert un centre d&rsquo;appel centralisant les offres de logement, de v&ecirc;tements chauds, de nourriture et d&rsquo;argent.</p>
<p class="MsoNormal">Cette initiative louable ne doit pas faire oublier que cette responsabilit&eacute; incombe essentiellement au gouvernement. Notre Etat dispose de lois et les sans-abri tout comme les demandeurs d&rsquo;asile y ont des droits. Force est de constater qu&rsquo;ils ne sont pas respect&eacute;s et que la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; du public et l&rsquo;investissement de la soci&eacute;t&eacute; civile doivent suppl&eacute;er les manquements de l&rsquo;Etat. <o:p></o:p></p>
<h3><b>Quelles perspectives&nbsp;? <o:p></o:p></b></h3>
<p class="MsoNormal">On aurait pu laisser &agrave; Maggie de Block le b&eacute;n&eacute;fice du doute. Entr&eacute;e en fonction en d&eacute;cembre 2011, on ne peut d&eacute;cemment d&eacute;j&agrave; attendre d&rsquo;elle de r&eacute;sultats. Pourtant, ses d&eacute;clarations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es ne laissent aucun doute. Il n&rsquo;existe aucune volont&eacute; politique d&rsquo;apporter une solution structurelle aux probl&egrave;mes rencontr&eacute;s ces derni&egrave;res ann&eacute;es dans l&rsquo;h&eacute;bergement des demandeurs d&rsquo;asile. Au contraire, il a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; de diminuer le nombre de place disponible.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">L&rsquo;hiver que nous vivons vient de d&eacute;montrer la corr&eacute;lation &eacute;vidente entre politiques d&rsquo;accueil des demandeurs d&rsquo;asile et h&eacute;bergement des sans-abri. Les mesures prises sous pr&eacute;texte de dissuader les demandeurs d&rsquo;asile de se diriger vers la Belgique impactent finalement sur l&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence des personnes vivant &agrave; la rue. Tenter de solutionner l&rsquo;un sans l&rsquo;autre n&rsquo;a pas de sens. Se reposer sur l&rsquo;initiative priv&eacute;e n&rsquo;est pas digne d&rsquo;un Etat comme le n&ocirc;tre. Alors qu&rsquo;il est d&eacute;j&agrave; surprenant qu&rsquo;une crise humanitaire comme celle que nous vivons aujourd&rsquo;hui ne soit pas advenue plus t&ocirc;t, on peut &ecirc;tre s&ucirc;r qu&rsquo;elle deviendra la norme. <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Pour solutionner la crise que nous traversons, Fedasil estime que 7 &agrave; 10.000 places suppl&eacute;mentaires sont n&eacute;cessaires pour la fin de l&rsquo;ann&eacute;e. Esp&eacute;rons que nos &eacute;lus reviendront &agrave; la raison &hellip; <i><o:p></o:p></i></p>
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<!--[endif]-->
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn1" href="#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> http://www.cgra.be/<o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn2">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn2" href="#_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> http://www.fedasil.be/<o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn3">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn3" href="#_ftnref3"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> Peu transparent, l'h&eacute;bergement des demandeurs d'asile &agrave; l'h&ocirc;tel vire &agrave; la suroccupation, in http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=243466071, 18 mars 2011 <o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn4">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn4" href="#_ftnref4"><span class="MsoFootnoteReference"><!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]--></span></a> <span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;">Fedasil manifeste son ras-le-bol &agrave; Bruxelles, in Le Soir, 28 novembre 2011<o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn5">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn5" href="#_ftnref5"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> Matthieu Coleyn, Maggie De Block: &quot;90% des demandeurs d'asile n'ont pas de raison de venir ici&quot;, in La Libre Belgique, 11 janvier 2012<o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn6">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn6" href="#_ftnref6"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[6]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> Yvan Mayeur, cit&eacute; par Sans-abri/demandeurs d'asile: Yvan Mayeur (PS) accuse l'Open-VLD, www.rtbf.be.info, 3 f&eacute;vrier 2012. <o:p></o:p></span></p>
</div>
<div id="ftn7">
<p class="MsoFootnoteText"><a title name="_ftn7" href="#_ftnref7"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:
10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"><!--[if !supportFootnotes]-->[7]<!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10.0pt;font-family:&quot;Times New Roman&quot;"> Maggie De Block persiste, &quot;pas besoin de plus de places d'accueil&quot;, in www.rtbf.be/info, 05.02.2012<o:p></o:p></span></p>
</div>
</div>
<!--EndFragment-->]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 20:04:49 +0100</pubDate>
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<title>Quelle égalité dans le financement de l'Islam ? </title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/quelle-egalite-dans-le-financement-de-l-islam,0000318.html</link>
<description><![CDATA[<p>La loi sur le financement des cultes remonte en Belgique &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. En 1830, seuls trois cultes &eacute;taient alors reconnus par l&rsquo;Etat&nbsp;: le culte catholique dans lequel se reconnaissait alors plus de 90% de la population, le culte protestant et le culte isra&eacute;lite.</p>
<h3><b>Implications d&rsquo;une reconnaissance</b></h3>
<p>La reconnaissance d&rsquo;un culte a plusieurs cons&eacute;quences. Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;Etat paie les traitements et les pensions des ministres du culte. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour lui une obligation constitutionnelle<a name="_ftnref1" title href="#_ftn1">[1]</a>. En contrepartie, il exige une tutelle sur la comptabilit&eacute; des organes repr&eacute;sentatifs des cultes reconnus.</p>
<p>Les autorit&eacute;s religieuses ont par ailleurs l&rsquo;opportunit&eacute;, si elles le d&eacute;sirent, de proposer au gouvernement de reconna&icirc;tre des communaut&eacute;s religieuses locales. Cette reconnaissance est officialis&eacute;e par un arr&ecirc;t&eacute; royal qui fixe le nombre de ministres du culte attach&eacute; &agrave; chacune de ces communaut&eacute;s. Elle implique la mise en place pour chacune d&rsquo;entre elles d&rsquo;un &eacute;tablissement public de culte, appel&eacute; &lsquo;Fabrique d&rsquo;Eglise&rsquo; chez les catholiques, charg&eacute; de la gestion temporelle des biens de la communaut&eacute;. En outre, les communes ou les provinces sont tenues de mettre &agrave; disposition de ces ministres du culte un logement ou, le cas &eacute;ch&eacute;ant, une indemnit&eacute; de logement.</p>
<p>Toutes ces mesures ont &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute;es, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, en raison du service social prodigu&eacute; aux fid&egrave;les et, pour l&rsquo;Eglise catholique, &agrave; titre de compensation suite aux confiscations qu&rsquo;elle avait d&ucirc; subir &agrave; l&rsquo;occasion de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise. Elle font partie de l&rsquo;h&eacute;ritage belge du Concordat sign&eacute; en 1801 par Napol&eacute;on.</p>
<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1959, avec la signature du Pacte scolaire, que l&rsquo;organisation de l&rsquo;enseignement des religions dans le r&eacute;seau scolaire officiel, primaire et secondaire, sera fix&eacute;e. Les cultes reconnus et la morale la&iuml;que pourront d&eacute;sormais faire enseigner leur doctrine ou leur philosophie par des enseignants qu&rsquo;ils auront d&eacute;sign&eacute;s par eux-m&ecirc;mes et qui seront financ&eacute;s par l&rsquo;Etat.</p>
<p>Les implications, notamment financi&egrave;res, sont donc nombreuses et justifient que nous nous y attardions.</p>
<h3><b>Reconnaissance des cultes</b></h3>
<p>Les &eacute;volutions que conna&icirc;tra notre pays vont l&rsquo;amener progressivement &agrave; &eacute;toffer la liste des b&eacute;n&eacute;ficiaires de la loi sur le financement des cultes. Tous seront soumis aux m&ecirc;mes conditions. Ils doivent pouvoir revendiquer un nombre suffisamment &eacute;lev&eacute; d&rsquo;adh&eacute;rents, &ecirc;tre &eacute;tabli dans le pays depuis un certain temps, pr&eacute;senter un int&eacute;r&ecirc;t social pour la collectivit&eacute;, n&rsquo;avoir aucune activit&eacute; contraire &agrave; l&rsquo;ordre public et &ecirc;tre structur&eacute;, de mani&egrave;re &agrave; avoir un organe repr&eacute;sentatif aupr&egrave;s de l&rsquo;autorit&eacute; civile.</p>
<p>Les anglicans entrent dans la danse les premiers, en 1870. Leur reconnaissance ne donne lieu &agrave; aucun d&eacute;bat particulier &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Il est vrai que le nombre d&rsquo;anglicans pr&eacute;sents en Belgique &eacute;tait d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s limit&eacute;.</p>
<p>Suivent en 1974 les musulmans. Les enjeux sont ici bien diff&eacute;rents. La pr&eacute;sence musulmane s&rsquo;est consid&eacute;rablement accrue en Belgique suite &agrave; la signature de conventions d&rsquo;immigration avec la Turquie et le Maroc (1964), la Tunisie (1969), l&rsquo;Alg&eacute;rie et la Yougoslavie (1970). Alors que l&rsquo;Islam constitue d&eacute;j&agrave; la seconde religion de Belgique<a name="_ftnref2" title href="#_ftn2">[2]</a>, aucune structure officielle n&rsquo;existe pour encadrer les croyants. &Eacute;mue par cet &eacute;tat de fait ou par opportunisme politique, l&rsquo;Arabie saoudite qui, au contraire d&rsquo;autres Etats, ne dispose d&rsquo;aucune diaspora significative,&nbsp; fait pression sur la Belgique. En 1967, elle obtient du Roi Baudouin la jouissance du pavillon oriental situ&eacute; dans le Parc du Cinquantenaire &agrave; Bruxelles. Le Centre islamique et culturel de&nbsp; Belgique s&rsquo;y installe. Entre 1971 et 1974, plusieurs propositions de reconnaissance du culte islamique furent d&eacute;pos&eacute;es &agrave; la Chambre ou au S&eacute;nat<a name="_ftnref3" title href="#_ftn3">[3]</a>. C&rsquo;est finalement en plein crise p&eacute;troli&egrave;re que les parlementaires accept&egrave;rent finalement de reconna&icirc;tre le culte islamique.</p>
<p>L&rsquo;Eglise orthodoxe fut ensuite reconnue &agrave; son tour en 1985. Elle fut suivie en 1993 par la la&iuml;cit&eacute; organis&eacute;e qui exigea elle aussi d&rsquo;obtenir un financement et obtint pour cela la r&eacute;vision constitutionnelle n&eacute;cessaire<a name="_ftnref4" title href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<h3><b>La difficile repr&eacute;sentation des cultes</b></h3>
<p>Parmi les diff&eacute;rentes conditions de reconnaissance de cultes, l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, l&rsquo;obligation d&rsquo;&ecirc;tre structur&eacute;e et de fournir un interlocuteur unique &agrave; l&rsquo;Etat, posa toujours probl&egrave;me aux diff&eacute;rents cultes et plus particuli&egrave;rement aux musulmans. Cette obligation avait &eacute;t&eacute; taill&eacute;e sur mesure pour l&rsquo;Eglise catholique, fortement hi&eacute;rarchis&eacute;e et organis&eacute;e.</p>
<p>Les musulmans sont par contre, &agrave; l&rsquo;inverse des catholiques et tout comme les juifs et les protestants, divis&eacute;s en mouvements et confr&eacute;ries entre lesquelles le ressentiment est parfois puissant. L&rsquo;Etat, en faisant l&rsquo;impasse sur ces particularismes et en leur imposant de s&rsquo;unir pour &ecirc;tre financ&eacute;, va &agrave; l&rsquo;encontre de plusieurs si&egrave;cles de tradition.</p>
<p>De 1978 &agrave; 1991, le Centre islamique et culturel de Belgique, contr&ocirc;l&eacute; par l&rsquo;Arabie saoudite, est l&rsquo;unique interlocuteur des autorit&eacute;s belges, mais sa l&eacute;gitimit&eacute; est contest&eacute;e. Apr&egrave;s de nombreux rebondissements, il fut d&eacute;cid&eacute; de soumettre au vote des fid&egrave;les la nomination d&rsquo;un Ex&eacute;cutif des musulmans de Belgique. Les &eacute;lections eurent lieu le 13 d&eacute;cembre 1998. 48.000 &eacute;lecteurs se pr&eacute;sent&egrave;rent et les r&eacute;sultats furent valid&eacute;s le 6 janvier 1999<a name="_ftnref5" title href="#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p>Malheureusement, l&rsquo;Etat imposa aux candidats un screening op&eacute;r&eacute; par la S&ucirc;ret&eacute; gr&acirc;ce &agrave; un tour de passe-passe qui lui permit au prix d&rsquo;une hypocrisie non feinte de ne pas enfreindre sa propre constitution qui lui impose de ne pas intervenir dans la nomination ou dans l&rsquo;installation des ministres d&rsquo;un culte quelconque<a name="_ftnref6" title href="#_ftn6">[6]</a>. Cette injustice provoqua une col&egrave;re l&eacute;gitime de la part des musulmans. Les d&eacute;s &eacute;taient pip&eacute;s. Un nombre important de candidats, pourtant &eacute;lus, furent r&eacute;cus&eacute;s parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas l&rsquo;heur de plaire &agrave; la S&ucirc;ret&eacute; ou au ministre en place.</p>
<p>Toutefois, en f&eacute;vrier 1999, Tony van Parijs, Ministre de la Justice, pr&eacute;senta les noms des 16 membres du nouvel Ex&eacute;cutif des musulmans. D&egrave;s les premiers jours, il fut la cible des critiques des candidats r&eacute;cus&eacute;s, d&eacute;clenchant de vives tensions en son sein et le neutralisant.</p>
<h3><b>Injustice dans le financement des cultes</b></h3>
<p>Aujourd&rsquo;hui, presque 15 ans apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection du premier Ex&eacute;cutif des musulmans, ce dernier est toujours dans la tourmente. Pourtant, sans son aide, la nomination des professeurs de religion islamique et des inspecteurs charg&eacute;s de les contr&ocirc;ler, le paiement des traitements des imams et la reconnaissance de nouvelles mosqu&eacute;es sont quasiment impossibles.</p>
<p>L&rsquo;in&eacute;galit&eacute; dans le financement des diff&eacute;rents cultes ne cesse en cons&eacute;quence de se creuser. Ainsi, en 2008, les musulmans ne recevaient que 2,1%&nbsp; des montants attribu&eacute;s aux cultes et convictions<a name="_ftnref7" title href="#_ftn7">[7]</a> reconnues alors qu&rsquo;ils repr&eacute;sentaient la m&ecirc;me ann&eacute;e 12% de la population francophone<a name="_ftnref8" title href="#_ftn8">[8]</a>. M&ecirc;me en imaginant qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucun musulman en Flandre, l&rsquo;injustice est criante.</p>
<p>Connaissant le climat politique actuel marqu&eacute; par une mont&eacute;e sans pr&eacute;c&eacute;dent d&rsquo;un populisme anti-musulman, cette situation de blocage &agrave; laquelle l&rsquo;Etat lui-m&ecirc;me n&rsquo;est pas &eacute;tranger ne doit pas d&eacute;plaire &agrave; tout le monde. Pourtant, cette iniquit&eacute; risque de co&ucirc;ter cher au vivre-ensemble belge. Annemie Turtelboom, nouvelle ministre en charge des cultes, sera-t-elle capable de r&eacute;tablir le dialogue ou d&rsquo;apporter des propositions innovantes pour rattraper ce retard ?</p>
<h3><b>Vers une r&eacute;forme du syst&egrave;me&nbsp;?</b></h3>
<p>Dans ce contexte, certains, comme Felice Dasseto<a name="_ftnref9" title href="#_ftn9">[9]</a>, n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; remettre en cause l&rsquo;&eacute;difice tout entier du financement des cultes et &agrave; avancer l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un imp&ocirc;t d&eacute;dicac&eacute;. Chaque citoyen aurait la possibilit&eacute; d&rsquo;indiquer sur sa feuille d&rsquo;imp&ocirc;t quel culte ou institution de la la&iuml;cit&eacute;, voire quelle organisation caritative, il aimerait financer. &Eacute;tant donn&eacute; l&rsquo;&eacute;tat actuel de la pratique religieuse, bien &eacute;loign&eacute;e des mod&egrave;les traditionnels, cette proposition pourrait fondamentalement changer la donne. Le d&eacute;bat reste ouvert.</p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a name="_ftn1" title href="#_ftnref1">[1]</a> Les traitements et pensions des ministres des cultes sont &agrave; la charge de l'&Eacute;tat; les sommes n&eacute;cessaires pour y faire face sont annuellement port&eacute;es au budget. (Art 181 &sect; 1 de la Constitution Belge)</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p><a name="_ftn2" title href="#_ftnref2">[2]</a> Chr. Laporte, Plaidoyer pour un v&eacute;ritable islam belge, in La Libre Belgique, 2 f&eacute;vrier 2012</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p><a name="_ftn3" title href="#_ftnref3">[3]</a> El Battiui M., Kanmaz M., Mosqu&eacute;es, imams et professeurs de religion islamique en Belgique, &eacute;tat de la question et enjeux, Bruxelles, 2004</p>
</div>
<div id="ftn4">
<p><a name="_ftn4" title href="#_ftnref4">[4]</a> Les traitements et pensions des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s des organisations reconnues par la loi qui offrent une assistance morale selon une conception philosophique non confessionnelle sont &agrave; la charge de l'&Eacute;tat; les sommes n&eacute;cessaires pour y faire face sont annuellement port&eacute;es au budget (Art 181 &sect;2 de la Constitution belge)</p>
</div>
<div id="ftn5">
<p><a name="_ftn5" title href="#_ftnref5">[5]</a> El Battiui M., Kanmaz M., op. cit.</p>
</div>
<div id="ftn6">
<p><a name="_ftn6" title href="#_ftnref6">[6]</a> L'&Eacute;tat n'a le droit d'intervenir ni dans la nomination ni dans l'installation des ministres d'un culte quelconque, ni de d&eacute;fendre &agrave; ceux-ci de correspondre avec leurs sup&eacute;rieurs, et de publier leurs actes, sauf, en ce dernier cas, la responsabilit&eacute; ordinaire en mati&egrave;re de presse et de publication. (Art. 21 de la Constitution belge)</p>
</div>
<div id="ftn7">
<p><a name="_ftn7" title href="#_ftnref7">[7]</a> Financement des cultes en Belgique (2008) (selon J.F. Husson, &laquo;&nbsp;Le financement des cultes et de la la&iuml;cit&eacute; et des cours philosophiques&nbsp;&raquo;, Courrier hebdomadaire, CISP, n. 1703-1704, 2000, cit&eacute; dans C. S&auml;gesser, Cultes et la&iuml;cit&eacute;, Crisp,&nbsp; dossier n. 78&nbsp;: 35)</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
        <tr>
            <td width="247" valign="top">
            <p>Organisations convictionnelles</p>
            </td>
            <td width="141" valign="top">
            <p>Montants (millions &euro;)</p>
            </td>
            <td width="76" valign="top">
            <p>%</p>
            </td>
        </tr>
        <tr>
            <td width="247" valign="top">
            <p>Culte catholique</p>
            <p>La&iuml;cit&eacute; organis&eacute;e</p>
            <p>Culte protestant-&eacute;vang&eacute;lique</p>
            <p>Culte islamique</p>
            <p>Culte orthodoxe</p>
            <p>Culte isra&eacute;lite</p>
            <p>Culte anglican</p>
            </td>
            <td width="141" valign="top">
            <p>275,2</p>
            <p>&nbsp;25,8</p>
            <p>&nbsp;&nbsp;   8,1</p>
            <p>&nbsp; 6,9</p>
            <p>&nbsp; 2,6</p>
            <p>&nbsp;1,3</p>
            <p>&nbsp;0,6</p>
            </td>
            <td width="76" valign="top">
            <p>85,8</p>
            <p>&nbsp; 8,0</p>
            <p>&nbsp; 2,5</p>
            <p>&nbsp; 2,1</p>
            <p>&nbsp; 0,8</p>
            <p>&nbsp; 0,4</p>
            <p>&nbsp; 0,2</p>
            </td>
        </tr>
        <tr>
            <td width="247" valign="top">
            <p>Total</p>
            </td>
            <td width="141" valign="top">
            <p>320,6</p>
            </td>
            <td width="76" valign="top">
            <p>100,0</p>
            </td>
        </tr>
    </tbody>
</table>
<p>&Agrave; ce montant de 320,6 millions d&rsquo;euro qui concerne les d&eacute;penses de personnel et les d&eacute;penses relatifs aux b&acirc;timents du culte ou aux Maisons de la la&iuml;cit&eacute;, il faut ajouter le montant relatif &agrave; l&rsquo;engagement des enseignants de religion et de morale dans les &eacute;tablissements scolaires primaires et s&eacute;condaires.</p>
</div>
<div id="ftn8">
<p><a name="_ftn8" title href="#_ftnref8">[8]</a> Selon le Barom&egrave;tre du religieux 2008, &eacute;tude r&eacute;alis&eacute;e en Communaut&eacute; fran&ccedil;aise par le bureau d'&eacute;tude Sonecom pour le compte de la Libre Belgique, de Dimanche paroissial, de la RTBF, de Lumen Vitae et de l'Universit&eacute; catholique de Louvain, 43 % des Belges francophones se disent catholiques, 17 % se disent ath&eacute;es, 12 % musulmans, 10 % agnostiques et 0,8 % d&eacute;clarent se reconna&icirc;tre dans la la&iuml;cit&eacute; organis&eacute;e.</p>
</div>
</div>
<p><a name="_ftn9" title href="#_ftnref9">[9]</a> Dasseto F., La loi des cultes, une loi du pass&eacute;, in Signes des temps, janvier-f&eacute;vrier 2012&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 16:29:15 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/quelle-egalite-dans-le-financement-de-l-islam,0000318.html</guid>
</item>
<item>
<title>Après l'OTAN : la neutralité, une option stratégique pour l'UE ? </title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/etudes-et-livres/apres-l-otan-la-neutralite-une-option-strategique-pour-l-ue,0000314.html</link>
<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Bardos-Feltoronyi N., Berten I., Bossut N., Apr&egrave;s l'OTAN : la neutralit&eacute;, une option strat&eacute;gique pour l'UE ?, Pax Christi Wallonie-Bruxelles, Edition Couleur livres, 63 p., Bruxelles, 2011</p>
<hr />
<p><strong>L&rsquo;ouvrage est disponible au co&ucirc;t de 8 euros aupr&egrave;s de Pax Christi. Vous pouvez le commander par courriel (</strong><a title="info[@]paxchristiwb.be" class="spip_mail" style="color:" href="http://www.paxchristiwb.be/publications/etudes-et-livres/geopolitique-de-l-ue,0000059.html#"><strong>info<span class="cryptOK" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; font-style: inherit; font-family: inherit; vertical-align: baseline; ">@</span>paxchristiwb.be</strong></a><strong>) ou par t&eacute;l&eacute;phone&nbsp;: 02/ 738 08 04.</strong></p>
<hr />
<p>A la sortie de la Seconde guerre mondiale, Washington pousse ses alli&eacute;s &agrave; sceller un pacte d&eacute;fensif face &agrave; l&rsquo;Union sovi&eacute;tique. L&rsquo;OTAN est n&eacute;e&nbsp;! Quelque temps plus tard, l&rsquo;Union sovi&eacute;tique et ses alli&eacute;s signent de leur c&ocirc;t&eacute; le Pacte de Varsovie. Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991, l&rsquo;OTAN a perdu une grande part de sa l&eacute;gitimit&eacute;. L&rsquo;opposition contre l&rsquo;OTAN telle qu&rsquo;elle se manifeste depuis, nous a toujours paru l&eacute;gitime mais vaine, voire inconsistante. Elle n&rsquo;envisage en effet aucunement les cons&eacute;quences en termes de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense de l&rsquo;Europe centrale et occidentale en cas de dissolution de l&rsquo;organisation.</p>
<p>La CNAPD dont Pax Christi Wallonie-Bruxelles est membre, s&rsquo;est pench&eacute;e sur la question de l&rsquo;avenir de l&rsquo;OTAN et a d&eacute;fini cinq revendications. L&rsquo;une d&rsquo;entre elles consiste &agrave; r&eacute;clamer d&egrave;s aujourd&rsquo;hui &laquo;&nbsp;le lancement d&rsquo;un d&eacute;bat de fond sur l&rsquo;&eacute;tablissement progressif et n&eacute;goci&eacute; d&rsquo;un statut de neutralit&eacute; pour l&rsquo;Union europ&eacute;enne&nbsp;&raquo; <a name="_ftnref1" title href="#_ftn1">[1]</a>.&nbsp;</p>
<p>Pax Christi voudrait pr&eacute;ciser sa position sur ce sujet afin d&rsquo;alimenter ce d&eacute;bat et d&rsquo;assumer au mieux son r&ocirc;le d&rsquo;&eacute;ducation permanente et d&rsquo;agent de paix.</p>
<p>La chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide ont eu une autre cons&eacute;quence, inattendue celle-l&agrave;. La guerre, per&ccedil;ue comme lointaine et se confondant avec les images fictionnelles diffus&eacute;es en continu par les canaux de communication des mass media, est devenue un concept presque abstrait pour les populations europ&eacute;ennes. Le mouvement pacifiste europ&eacute;en a d&egrave;s lors &eacute;t&eacute; consid&eacute;rablement d&eacute;forc&eacute;. La question de la paix ne serait plus &agrave; l&rsquo;ordre du jour.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui pourtant, la red&eacute;finition du &laquo;&nbsp;concept strat&eacute;gique de l&rsquo;OTAN&nbsp;&raquo; ainsi que la mise en place d&rsquo;une politique &eacute;trang&egrave;re et de d&eacute;fense coordonn&eacute;e au niveau europ&eacute;en redonne &agrave; ce mouvement toute son importance. Il importe donc de lui offrir une nouvelle vie et de le stimuler. En effet, il appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui clairement que l&rsquo;OTAN n&rsquo;est pas la seule perspective des Europ&eacute;ens et que d&rsquo;autres solutions pourraient s&rsquo;offrir &agrave; eux.</p>
<p>Lancer ce document de travail vise donc &agrave; susciter un d&eacute;bat de fond&nbsp;:</p>
<ul type="disc">
    <li>
    <p>sur la fermeture rapide des bases militaires      &eacute;trang&egrave;res situ&eacute;es en Europe ;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur l&rsquo;extension du nombre des pays      neutres au sein de l&rsquo;UE<a name="_ftnref2" title href="#_ftn2">[2]</a>&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur la d&eacute;nucl&eacute;arisation du      territoire de l&rsquo;UE&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur l&rsquo;adoption progressive de la neutralit&eacute; par l'enti&egrave;ret&eacute; de      l&rsquo;UE en tant que telle&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur une dissolution graduelle de      l&rsquo;OTAN&nbsp;dans cette perspective&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur la mise en place d&rsquo;une      politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;UE adapt&eacute;e &agrave; ces conditions&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>sur le concept de d&eacute;fense civile      et sur les modalit&eacute;s d&rsquo;&eacute;tablissement de celle-ci.</p>
    </li>
</ul>
<p>A notre sens, il s&rsquo;agira ainsi de r&eacute;fl&eacute;chir ensemble sur les &eacute;tapes n&eacute;cessaires &agrave; franchir pour atteindre de tels objectifs. Ainsi, il faudra &eacute;voquer la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une autonomie croissante de la d&eacute;fense europ&eacute;enne au sein de l&rsquo;OTAN qui devrait &ecirc;tre suivie de son d&eacute;mant&egrave;lement tacite en termes militaires. A la place d&rsquo;un pacifisme na&iuml;f face &agrave; l&rsquo;OTAN, nous pr&eacute;f&eacute;rons pr&ocirc;ner l&rsquo;adoption progressive et n&eacute;goci&eacute;e d&rsquo;un statut de neutralit&eacute;, arm&eacute;e ou non,&nbsp; par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;UE parall&egrave;lement au d&eacute;veloppement d&rsquo;une d&eacute;fense civile et de l&rsquo;action non-violente active.</p>
<p>Dans cette perspective, la PESD devra pr&eacute;c&eacute;der la PESC<a name="_ftnref3" title href="#_ftn3">[3]</a> afin de r&eacute;aliser celle-ci et&nbsp; tenir compte des exigences des pays membres neutres. Remarquez d&egrave;s lors que toute adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;UE ne doit pas automatiquement suivre une adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;OTAN, comme cela a &eacute;t&eacute; le cas ces derni&egrave;res ann&eacute;es<a name="_ftnref4" title href="#_ftn4">[4]</a>. Du reste, l&rsquo;OTAN devra &ecirc;tre tr&egrave;s vraisemblablement maintenue comme &laquo;&nbsp;lien&nbsp;organique&nbsp;politique et diplomatique&nbsp;&raquo; afin de sauvegarder la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; dans les relations&nbsp; entre les deux c&ocirc;t&eacute;s de l&rsquo;Atlantique. Et ceci d&rsquo;autant plus que l&rsquo;opinion publique europ&eacute;enne est divis&eacute;e entre les proatlantiques et les anti-OTAN.</p>
<p>Les premiers &eacute;voqueraient l&rsquo;id&eacute;e que les Etats-Unis auraient sauv&eacute; deux fois l&rsquo;Europe lors des deux guerres mondiales du 20<sup>e</sup> si&egrave;cle. Certes, cette opinion est en partie fond&eacute;e mais, en raison d&rsquo;une attitude quelque peu russophobe, n&eacute;glige le r&ocirc;le d&eacute;terminant de la Russie, puis de l&rsquo;Union sovi&eacute;tique lors de ces conflits. Les seconds rappelleront l&rsquo;influence &laquo;&nbsp;imp&eacute;riale&nbsp;&raquo; des Etats-Unis, toujours solide mais pas toujours souhait&eacute;e.</p>
<p>Trois &eacute;l&eacute;ments doivent &ecirc;tre relev&eacute;s. Tout d&rsquo;abord, il s&rsquo;agit de se rappeler les deux invasions allemandes de 1914 et 1940, qui expliquent la mauvaise presse de la neutralit&eacute;&nbsp; en Belgique. Pourtant, 6 &agrave; 7 pays europ&eacute;ens peuvent d&eacute;j&agrave; &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme neutres. Il convient aussi de rassurer&nbsp;: l&rsquo;adoption progressive de la neutralit&eacute; par l&rsquo;UE n&rsquo;implique pas l&rsquo;abandon de toute politique de s&eacute;curit&eacute; ou militaire. Enfin, la Belgique a toujours pratiqu&eacute; une diplomatie active inspir&eacute;e de la &laquo;&nbsp;doctrine Harmel&nbsp;&raquo;<a name="_ftnref5" title href="#_ftn5">[5]</a> en vue de la r&eacute;solution des conflits. Il s&rsquo;agit de poursuivre cette tradition , voire de l&rsquo;&eacute;tendre &agrave; l&rsquo;Union europ&eacute;enne.</p>
<p>Par ailleurs, le rappel d&rsquo;un certain nombre de concepts fondamentaux nous a sembl&eacute; n&eacute;cessaire pour permettre au lecteur de situer notre propos. Ainsi, nous avons voulu pr&eacute;ciser les notions de non-violence et de non-alignement, voire de neutralit&eacute; ainsi que les liens, peut-&ecirc;tre peu &eacute;vidents, qui peuvent &ecirc;tre &eacute;tablis entre eux. Pourtant, pour Pax Christi, il para&icirc;t &eacute;vident que la non-violence et la neutralit&eacute; s&rsquo;av&egrave;rent&nbsp; tout simplement plus <i>paisibles </i>qu&rsquo;un conflit arm&eacute;. Nous convenons cependant qu&rsquo;une d&eacute;fense militaire peut se justifier pour des raisons objectives sans pour autant renier nos convictions pacifiques. Il en est de m&ecirc;me en ce qui concerne la d&eacute;fense civile.</p>
<p>Par ailleurs, une position de non-alignement ne signifie gu&egrave;re une absence de solidarit&eacute; effective avec le reste du monde et notamment avec le Sud ou l&rsquo;Est exploit&eacute;s et appauvris.</p>
<p>De ces consid&eacute;rations d&eacute;coule la structure de notre propos&nbsp;:</p>
<ul type="disc">
    <li>
    <p>Description du contexte actuel avec ses trois      facettes&nbsp;:g&eacute;ographique, militaire et politique&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>Examen attentif des concepts de non-violence,      en ce compris de d&eacute;fense civile non violente et active, ainsi que des      diverses conceptions de la neutralit&eacute;&nbsp;ou du non alignement;</p>
    </li>
    <li>
    <p>Propositions et conclusions sous forme de      questions&nbsp;:</p>
    <ul type="circle">
        <li>
        <p>Quel avenir pour l&rsquo;OTAN&nbsp;? Quelles       alternatives pour r&eacute;gler les relations transatlantiques&nbsp;?</p>
        </li>
        <li>
        <p>Quel avenir propos&eacute; pour la politique de s&eacute;curit&eacute; et de       d&eacute;fense europ&eacute;enne&nbsp;? Comment se situer face aux autres       puissances&nbsp;?&nbsp;</p>
        </li>
        <li>
        <p>Quelles forces arm&eacute;es pour les pays membres de l&rsquo;UE&nbsp;?       Quelle est la cr&eacute;dibilit&eacute; d&rsquo;une d&eacute;fense civile non - violente&nbsp;?</p>
        </li>
    </ul>
    </li>
</ul>
<p>A quelques exceptions pr&egrave;s, ces r&eacute;flexions sont essentiellement ax&eacute;es sur l&rsquo;espace europ&eacute;en.<a name="_ftnref6" title href="#_ftn6">[6]</a></p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a name="_ftn1" title href="#_ftnref1">[1]</a>CNAPD-ULDP, L&rsquo;OTAN&nbsp;: du bouclier &agrave; l&rsquo;&eacute;p&eacute;e, Plaidoyer sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;OTAN (http://www.cnapd.be/uploads/pdf/200901/brochure%20plaidoyer%20OTAN.pdf)</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p><a name="_ftn2" title href="#_ftnref2">[2]</a> Il est bon de rappeler qu&rsquo;il existe d&eacute;j&agrave; 6 ou 7 pays neutres sur les 27 pays membres dans l'UE : l'Irlande, la Su&egrave;de, la Finlande, l'Autriche, Malte, Chypre et, en temps de paix, le&nbsp;Danemark. Il en est de m&ecirc;me dans le voisinage de l'UE : la Suisse, l'Ukraine, le B&eacute;larus, la R&eacute;publique moldave, le Vatican, etc. qui ont des statuts ou quasi statuts de pays neutres.</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p><a name="_ftn3" title href="#_ftnref3"><b>[3]</b></a>PESD= Politique Europ&eacute;enne de S&eacute;curit&eacute; et de D&eacute;fense; PESC = Politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute; commune&nbsp;; dans le trait&eacute; de Lisbonne, les deux politiques sont devenues r&eacute;unies dans la <b>politique de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense commune, </b>soit PSDC.</p>
</div>
<div id="ftn4">
<p><a name="_ftn4" title href="#_ftnref4">[4]</a> M&ecirc;me une adh&eacute;sion aux Programmes vari&eacute;s pour la Paix de l&rsquo;OTAN ne devrait pas devenir un pr&eacute;alable &agrave; l&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;UE.</p>
</div>
<div id="ftn5">
<p><a name="_ftn5" title href="#_ftnref5">[5]</a> Cette doctrine plaidait pour une d&eacute;fense forte, alli&eacute;e &agrave; des relations stables avec les pays de l'Est en 1968.</p>
</div>
</div>
<p><a name="_ftn6" title href="#_ftnref6">[6]</a> Il en r&eacute;sulte que, sauf les cas de&nbsp; l&rsquo;Afghanistan et du Costa-Rica, elles ne couvriront pas les cas certes int&eacute;ressants des deux Cor&eacute;es, <b>la</b> Tha&iuml;lande ou la Nouvelle Z&eacute;lande qui, <b>s&rsquo;agissant de la pratique de la neutralit&eacute; dans le monde,</b> m&eacute;riteraient l&rsquo;attention.&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 13:25:18 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/etudes-et-livres/apres-l-otan-la-neutralite-une-option-strategique-pour-l-ue,0000314.html</guid>
</item>
<item>
<title>Enjeux d’insertion des jeunes Belgo-Turcs : la maîtrise de la langue (française ou néerlandaise)</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/enjeu-d-insertion-des-jeunes-belgo-turcs-la-maitrise-de-la-langue-francaise-ou-neerlandaise,0000313.html</link>
<description><![CDATA[<h3>Evolution de quelques donn&eacute;es significatives chez les jeunes Belgo-turcs</h3>
<p>Les statistiques disponibles<a name="_ftnref2" title href="#_ftn2">[2]</a> nous d&eacute;montrent sans peine qu&rsquo;il n&rsquo;y pas eu d&rsquo;&eacute;volution de la ma&icirc;trise de la langue fran&ccedil;aise par les jeunes d&rsquo;origine turque entre 1990 et 2007. La moiti&eacute; d&rsquo;entre eux ne la connaissent pas. On entend par l&agrave; qu&rsquo;ils la pratiquent oralement mais ils n&rsquo;en ma&icirc;trisent pas l&rsquo;&eacute;criture, de sorte qu&rsquo;ils ne sont pas capables de lire et de comprendre un livre, un journal ou de r&eacute;diger leur curriculum vitae. Ce situation est &eacute;videmment fort probl&eacute;matique pour qu&rsquo;ils aient une chance de s&rsquo;ins&eacute;rer dans la soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>En 1990, &agrave; peine un jeune d&rsquo;origine turque sur trois avait son dipl&ocirc;me de l&rsquo;enseignement secondaire sup&eacute;rieur. En 2007, le pourcentage a cr&ucirc; &eacute;norm&eacute;ment puisqu&rsquo;il est pass&eacute; &agrave; 80 %&nbsp;! Le taux de scolarisation a donc fortement augment&eacute;, les jeunes sortent dipl&ocirc;m&eacute;s de l&rsquo;enseignement secondaire sup&eacute;rieur, mais cette &eacute;volution tr&egrave;s positive est ternie comme nous venons de le voir pr&eacute;c&eacute;demment par la stagnation de la ma&icirc;trise de la langue &eacute;crite. Nous faisons aussi le constat que les jeunes continuent pour plus de 50 % &agrave; s&rsquo;orienter vers l&rsquo;enseignement professionnel.</p>
<p>M&ecirc;me si le pourcentage de jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s augmente fortement, l&rsquo;&eacute;volution montre malheureusement une augmentation parall&egrave;le entre 1990 et 2007 du taux de ch&ocirc;mage&nbsp;chez les jeunes turcs: de 35 % en 1990, il est pass&eacute; &agrave; 40 % en 2000 et a continu&eacute; &agrave; augmenter pour atteindre 45 % en 2007.</p>
<h3><b>L&rsquo;&eacute;tude &laquo;&nbsp;PISA&nbsp;&raquo; de 2006&nbsp;: des &laquo;&nbsp;enseignements&nbsp;&raquo; r&eacute;v&eacute;lateurs&nbsp;!...</b></h3>
<p>L&rsquo;OCDE, dont la Belgique fait partie, a r&eacute;alis&eacute; une grande &eacute;tude PISA en 2006 intitul&eacute;e <i>&laquo;&nbsp;<a href="http://www.oecd.org/dataoecd/2/38/36664934.pdf">Where immigrant students succeed&nbsp;?&nbsp;</a>&raquo;</i>. Cette &eacute;tude r&eacute;alise une s&eacute;rie de comparaisons dans diff&eacute;rents pays dont le n&ocirc;tre entre les jeunes de 15 ans, issus de l&rsquo;immigration et autochtones, dans des comp&eacute;tences comme les math&eacute;matiques. On pourrait se demander en quoi ces comp&eacute;tences peuvent nous int&eacute;resser dans cette analyse, la raison est logique&nbsp;: pour avoir de bonnes comp&eacute;tences en math&eacute;matiques, les comprendre, il est n&eacute;cessaire de ma&icirc;triser un minimum la langue d&rsquo;enseignement. Or, que vont constater les chercheurs de cette &eacute;tude&nbsp;? Que 25 % des jeunes provenant de l&rsquo;immigration se trouvent en situation d&rsquo;analphab&eacute;tisme math&eacute;matique, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;ils sont dans une situation d&rsquo;exclusion des connaissances qui vont occasionner des difficult&eacute;s telles qu&rsquo;elles entra&icirc;nent des probl&egrave;mes pour la suite de l&rsquo;enseignement et pour leur insertion professionnelle future. Cette situation est valable aussi pour les jeunes autochtones, mais &agrave; raison de&hellip; 9 %&nbsp;! La diff&eacute;rence est frappante, presque trois fois moins.</p>
<p>En ce qui concerne les jeunes d&rsquo;origine turque, l&rsquo;&eacute;tude nous r&eacute;v&egrave;le un constat encore plus n&eacute;gatif&nbsp;: parmi toutes les populations de jeunes d&rsquo;origines &eacute;trang&egrave;res en Europe, ce sont les jeunes d&rsquo;origine turque qui montrent le plus de difficult&eacute;s en math&eacute;matiques.</p>
<p>Et le constat n&eacute;gatif ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas l&agrave;&nbsp;: si on regarde plus attentivement le classement des pays d&rsquo;accueil qui parviennent &agrave; r&eacute;duire l&rsquo;&eacute;cart entre les jeunes issus de l&rsquo;immigration et les autochtones, la Communaut&eacute; fran&ccedil;aise (F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles actuelle) a la lanterne rouge, l&rsquo;&eacute;cart entre les deux y est maximum&nbsp;: diff&eacute;rence de taux de 20%, ce qui &eacute;quivaut d&rsquo;apr&egrave;s les chercheurs &agrave; un retard d&rsquo;une ann&eacute;e scolaire. La Flandre fait mieux. Autrement dit, nous pouvons en d&eacute;duire que si des jeunes issus de l&rsquo;immigration turque &eacute;tudient dans la F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles, ils accumulent les &laquo;&nbsp;handicaps&nbsp;&raquo; en vue de leur insertion future dans la soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>Parmi les raisons principales de ce constat donn&eacute;es par les chercheurs, l&rsquo;une nous int&eacute;resse particuli&egrave;rement&nbsp;: la non-prise en compte de l&rsquo;&eacute;trang&eacute;it&eacute; de la langue d&rsquo;enseignement. Autrement dit&nbsp;: notre syst&egrave;me &eacute;ducatif tient-il compte du fait que la langue utilis&eacute;e pour enseigner n&rsquo;est pas la langue maternelle d&rsquo;une partie des jeunes&nbsp;? En F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles, cette &eacute;trang&eacute;it&eacute; de la langue n&rsquo;est pas ou pas assez prise en compte. Si l&rsquo;on compare avec deux autres r&eacute;gions, le Qu&eacute;bec et la Flandre, nous voyons que deux politiques proactives y sont appliqu&eacute;es.</p>
<p>Le parall&egrave;le avec le Qu&eacute;bec nous interpelle car le Gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois se targue d&rsquo;attirer toujours plus d&rsquo;immigr&eacute;s chaque ann&eacute;e, ce qui est, reconnaissons-le, tout l&rsquo;inverse de ce qui se passe dans l&rsquo;Union europ&eacute;enne, y compris en Belgique&nbsp;! De ce fait, le Qu&eacute;bec se donne les moyens, y compris financiers, de mettre une politique en place qui tienne compte de l&rsquo;&eacute;trang&eacute;it&eacute; de la langue maternelle dans l&rsquo;enseignement, par exemple en organisant des classes d&rsquo;accueil. Le Canada, qui fait aussi partie de l&rsquo;OCDE et est repris dans l&rsquo;&eacute;tude PISA, est d&rsquo;ailleurs le pays qui compte la diff&eacute;rence la plus faible entre les deux pourcentages dont nous parlions plus haut, entre les jeunes issus de l&rsquo;immigration et les jeunes autochtones.</p>
<p>En ce qui concerne la Flandre&nbsp;: elle fait mieux dans son enseignement que la F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles. Elle y a d&eacute;velopp&eacute; une politique d&rsquo;&nbsp;<i>&laquo;&nbsp;inburgering&nbsp;&raquo;</i><a name="_ftnref3" title href="#_ftn3">[3]</a>&nbsp;: m&ecirc;me si cette politique n&rsquo;a pas toujours fait parler d&rsquo;elle positivement ces derni&egrave;res ann&eacute;es dans le contexte difficile des relations communautaires entre Flamands et francophones, elle semble y avoir un impact sur l&rsquo;enseignement car les responsables politiques partent du constat que tous les immigr&eacute;s ne parlent pas la langue d&rsquo;accueil, en l&rsquo;occurrence le n&eacute;erlandais.</p>
<p>Si on consid&egrave;re l&rsquo;immigration en Belgique ces derni&egrave;res ann&eacute;es&nbsp;: contrairement &agrave; ce que nos responsables politiques pourraient parfois laisser entendre, celle-ci ne diminue pas, elle continue. En effet, environ 60 000 personnes quittent la Belgique chaque ann&eacute;e, alors qu&rsquo;environ 105 000 y entrent.</p>
<p>Nous avons estim&eacute; int&eacute;ressant de citer ces chiffres, pour montrer comme la situation dans l&rsquo;enseignement en F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles est paradoxale pour ceux qu&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;primo-arrivants&nbsp;&raquo;. Les crit&egrave;res pour obtenir un encadrement sp&eacute;cifique de ces jeunes primo-arrivants sont tellement restrictifs que seulement 0,6 % sont officiellement pris en compte. Pourtant, les &eacute;l&egrave;ves d&rsquo;origines &eacute;trang&egrave;res repr&eacute;sentent 18 % de l&rsquo;ensemble des &eacute;l&egrave;ves en F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles&nbsp;! Nous imaginons donc bien les difficult&eacute;s d&rsquo;accueil de ces jeunes que rencontrent les &eacute;coles francophones eu &eacute;gard &agrave; ces pourcentages entre ce qui est pris en compte et la r&eacute;alit&eacute;.</p>
<h3><b>Situation et r&eacute;partition des populations d&rsquo;origine turque en Belgique</b></h3>
<p>A l&rsquo;instar de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;immigration vers la Belgique, l&rsquo;immigration turque vers la Belgique augmente aussi&nbsp;: elle est maintenant surtout d&rsquo;ordre familial, dont deux-tiers sont dus aux mariages.</p>
<p>Les populations d&rsquo;origine turque en Belgique (de l&rsquo;ordre de 160 000 &agrave; 170 000 personnes) sont &eacute;tablies de mani&egrave;re tr&egrave;s concentr&eacute;e, puisque trois-quarts habitent dans dix communes&nbsp;: surtout &agrave; Bruxelles, Gand et Anvers mais aussi en Campine, &agrave; Li&egrave;ge et Charleroi. On en compte ailleurs aussi, et notamment une petite population plus rurale r&eacute;sidant dans la r&eacute;gion de Bastogne.</p>
<h3><b>Un probl&egrave;me de citoyennet&eacute;</b></h3>
<p>La population immigr&eacute;e en Belgique francophone (donc toutes origines confondues) ne parlant pas ou tr&egrave;s peu le fran&ccedil;ais est estim&eacute;e &agrave; environ 100 000 personnes&nbsp;! Et ce nombre augmente de 15 % par an avec les nouvelles migrations. Or, 18 % de ces nouveaux migrants de Belgique s&rsquo;installent dans la seule Commune de Schaerbeek. C&rsquo;est consid&eacute;rable et cela pose, selon nous, un probl&egrave;me de citoyennet&eacute;, de choix politique citoyen.</p>
<p>Selon l&rsquo;asbl Lire et Ecrire, apprendre le fran&ccedil;ais pour un adulte prend deux ans en formation continue et co&ucirc;te 5000 &euro; par personne (si l&rsquo;on tient compte de devoir payer les b&acirc;timents, les enseignants, les livres&hellip;). Pour les 100 000 personnes cit&eacute;es ci-dessus, on comprend vite que cela co&ucirc;terait cher &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles&hellip; Mais il s&rsquo;agit &agrave; nouveau de choix politique, en vue de renforcer la citoyennet&eacute;.</p>
<p>L&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;inburgering&nbsp;&raquo; en Flandre a aussi un co&ucirc;t que nous ignorons, mais que nous pouvons peut-&ecirc;tre imaginer proche de l&rsquo;estimation de Lire et Ecrire.</p>
<h3><b>Comparaisons instructives entre les populations d&rsquo;origines turque et marocaine en Belgique</b></h3>
<p>&Agrave; l&rsquo;&eacute;chelle du pays, il est int&eacute;ressant de comparer ces deux populations. Elles ont commenc&eacute; &agrave; migrer vers la Belgique &agrave; peu pr&egrave;s au m&ecirc;me moment, ont quasi la m&ecirc;me histoire migratoire, l&rsquo;Islam comme religion majoritaire commune, mais de grandes diff&eacute;rences les distinguent cependant : nous allons les d&eacute;tailler.</p>
<p>Ces donn&eacute;es sont fournies par la Fondation Roi Baudouin<a name="_ftnref4" title href="#_ftn4">[4]</a> (sources de 2008 pour les populations d&rsquo;origine turque, et de 2009 pour celles d&rsquo;origine marocaine).</p>
<p>Si nous examinons le facteur &laquo;&nbsp;ma&icirc;trise de la langue&nbsp;&raquo;&nbsp;: 40 % des personnes d&rsquo;origine turque peuvent dire qu&rsquo;elles connaissent le fran&ccedil;ais ou le n&eacute;erlandais, alors que 61 % des personnes d&rsquo;origine marocaine peuvent l&rsquo;affirmer. Nous pourrions imaginer que les personnes d&rsquo;origine marocaine sont favoris&eacute;es &agrave; cause de la colonisation fran&ccedil;aise pass&eacute;e du Maroc&nbsp;; mais ces tendances se retrouvent aussi pour le n&eacute;erlandais en Flandre et aux Pays-Bas, nous pouvons donc en d&eacute;duire que la colonisation par la France n&rsquo;est pas le seul facteur expliquant ces grandes diff&eacute;rences de pourcentage.</p>
<p>Par contre, 95 % des personnes d&rsquo;origine turque connaissent bien la langue d&rsquo;origine (le turc ou le kurde essentiellement), alors que pour les personnes d&rsquo;origine marocaine ce taux est de 68 %.</p>
<p>En ce qui concerne l&rsquo;aspect relationnel, nous relevons trois comparaisons tr&egrave;s parlantes.</p>
<ul>
    <li>Les jeunes d&rsquo;origine turque d&eacute;clarent avoir &agrave; 70 % des amis de la m&ecirc;me origine qu&rsquo;eux, alors que ce pourcentage tombe &agrave; 25 % pour les jeunes d&rsquo;origine marocaine&nbsp;!</li>
    <li>Et pour les &eacute;poux de m&ecirc;me origine&nbsp;: les taux s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent respectivement &agrave; 71 % contre 26 %.</li>
    <li>Enfin, les jeunes Belgo-Turcs sont &agrave; 42 % membres d&rsquo;une association li&eacute;e d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre &agrave; leur pays, leur culture d&rsquo;origine, alors que ce taux est de 29 % pour les jeunes Belgo-Marocains.</li>
</ul>
<p>Terminons cette comparaison par trois autres donn&eacute;es qui compl&egrave;tent ce &laquo;&nbsp;tableau&nbsp;&raquo;.</p>
<ul>
    <li>Un test de connaissance de la vie politique en Belgique a &eacute;t&eacute; effectu&eacute; : les jeunes Belgo-Turcs &eacute;chouent &agrave; ce test &agrave; raison de 56 %, alors que les jeunes Belgo-Marocains &eacute;chouent &agrave; raison de 33 %.</li>
    <li>L&rsquo;acc&egrave;s aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures des 20-24 ans est &eacute;galement r&eacute;v&eacute;lateur&nbsp;: en sachant que 50 % des jeunes &laquo;&nbsp;Belgo-Belges&nbsp;&raquo; acc&egrave;dent aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures, ce taux est de 30 % chez les jeunes Belgo-Marocains &ndash; taux comparable avec les jeunes d&rsquo;origines italienne, grecque, polonaise&hellip; -, alors que ce m&ecirc;me taux n&rsquo;est que de 11 % chez les jeunes Belgo-Turcs&nbsp;!... Que l&rsquo;on soit d&rsquo;ailleurs en Flandre ou en F&eacute;d&eacute;ration Wallonie-Bruxelles.</li>
    <li>Enfin, une comparaison pour les ind&eacute;pendants&nbsp;: 15 % des travailleurs actifs d&rsquo;origine turque ont cr&eacute;&eacute; leur propre commerce, alors que seuls 5 % des travailleurs actifs d&rsquo;origine marocaine ont r&eacute;alis&eacute; cette m&ecirc;me d&eacute;marche.</li>
</ul>
<h3><b>Que pouvons-nous en conclure et quelles pistes d&rsquo;action pouvons-nous d&eacute;gager&nbsp;?</b></h3>
<p>Tout d&rsquo;abord, nous voulons signaler aux lecteurs qu&rsquo;au moment de conclure cette analyse en Commission &laquo;&nbsp;Europe&nbsp;: cultures et &eacute;largissement&nbsp;&raquo;, les m&eacute;dias ont fait mention de la derni&egrave;re &eacute;tude PISA de l&rsquo;OCDE, avec des donn&eacute;es de 2009<a name="_ftnref5" title href="#_ftn5">[5]</a>. Cependant, d&rsquo;apr&egrave;s cette derni&egrave;re &eacute;tude, l&rsquo;&eacute;cart entre les performances des jeunes autochtones et allochtones reste important en Belgique.</p>
<p>D&rsquo;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, notre analyse nous permet de confirmer l&rsquo;image de d&eacute;part&nbsp;: la population belge d&rsquo;origine turque reste relativement ferm&eacute;e sur elle-m&ecirc;me, produisant son propre patronat, sa propre structure culturelle avec ses associations, une population assez conservatrice, dont les membres s&rsquo;&eacute;pousent avec d&rsquo;autres membres de la m&ecirc;me communaut&eacute;, ou originaires du pays d&rsquo;origine. Tandis que la comparaison effectu&eacute;e avec les jeunes Belgo-Marocains nous a permis de percevoir une population plus ouverte, qui s&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;int&egrave;gre&nbsp;&raquo; voire m&ecirc;me s&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;assimile&nbsp;&raquo; puisque une perte de connaissance de la langue d&rsquo;origine semble enclench&eacute;e.</p>
<p>Nous sommes bien s&ucirc;r bien conscients que ces donn&eacute;es &ndash; fort int&eacute;ressantes &ndash; sont des moyennes, et qu&rsquo;elles cachent aussi des r&eacute;alit&eacute;s diverses, dans un sens ou dans l&rsquo;autre, de repli ou d&rsquo;ouverture. Nous connaissons d&rsquo;ailleurs des jeunes Belgo-Turcs qui vivent &agrave; merveille leur biculturalit&eacute;, comme un enrichissement, et en font profiter leurs enfants et leur entourage. L&rsquo;une de ces jeunes Belgo-Turques vient d&rsquo;ailleurs de rejoindre notre Commission.</p>
<p>Nous pensons que vivre pleinement sa biculturalit&eacute; est une des pistes principales &agrave; privil&eacute;gier afin d&rsquo;aider cette communaut&eacute;, si elle le souhaite, &agrave; lutter contre le repli communautaire, s&rsquo;ouvrir vers les autres, sans crainte de perdre son &acirc;me, sa culture&hellip; C&rsquo;est ce que des associations comme Pax Christi essaient de faire, en cr&eacute;ant des ponts avec des associations belgo-turques, en sensibilisant le public belge &agrave; ces r&eacute;alit&eacute;s, pour favoriser l&rsquo;interculturalit&eacute; de notre soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>Enfin, nous avons compris &eacute;galement que l&rsquo;enseignement reste un &eacute;l&eacute;ment primordial dans ce chemin vers l&rsquo;ouverture communautaire&nbsp;: cela d&eacute;pend de choix et de volont&eacute;s citoyennes et&nbsp; politiques, mais aussi d&rsquo;argent&hellip;</p>
<div>
<p>La Commission &laquo;&nbsp;Europe&nbsp;: cultures et &eacute;largissement&nbsp;&raquo; de Pax Christi Wallonie-Bruxelles &ndash; qui compte en son sein plusieurs professeurs rencontrant le ph&eacute;nom&egrave;ne de la m&eacute;connaissance de la langue parmi les populations d&rsquo;origine turque s&rsquo;est pench&eacute;e sur cette probl&eacute;matique &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un s&eacute;minaire organis&eacute; &agrave; Bruxelles le 10 d&eacute;cembre 11. La Commission a donc entam&eacute; une r&eacute;flexion avec Altay Man&ccedil;o, Directeur scientifique de l&rsquo;IRFAM (Institut de recherche, formation et action sur les migrations)<a name="_ftnref6" title href="#_ftn6">[6]</a>, qui lui a transmis des donn&eacute;es datant de 1990, 1995 et 2007, sur des jeunes de 15-16 ans &agrave; 26 ans, afin de les analyser ensemble, voir leur &eacute;volution &eacute;ventuelle, dans le but de confirmer ou infirmer cette image de non-ma&icirc;trise de la langue et de repli communautaire.</p>
</div>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a name="_ftn1" title href="#_ftnref1">[1]</a> Voir &agrave; ce propos l&rsquo;analyse pr&eacute;c&eacute;dente de la Commission &laquo;&nbsp;Europe&nbsp;: cultures et &eacute;largissement&nbsp;&raquo; de Pax Christi Wallonie-Bruxelles intitul&eacute;e <a href="http://paxchristiwb.be/publications/analyses/phenomene-migratoire-au-depart-de-la-turquie-vers-l-europe-et-plus-specialement-la-belgique,0000297.html">&laquo;&nbsp;Ph&eacute;nom&egrave;ne migratoire au d&eacute;part de la Turquie vers l&rsquo;Europe et plus sp&eacute;cialement la Belgique&nbsp;&raquo;</a></p>
</div>
<div id="ftn2">
<p><a name="_ftn2" title href="#_ftnref2">[2]</a> L&rsquo;<a href="http://www.irfam.org">Irfam</a> (Institut de recherche, formation et action sur les migrations) dispose d&rsquo;un corpus statistique compil&eacute; sur base de recherches effectu&eacute;es par la VUB, l&rsquo;ULg et la Fondation Roi Baudouin</p>
</div>
<div id="ftn3">
<p><a name="_ftn3" title href="#_ftnref3">[3]</a> Traduit officiellement par &laquo;&nbsp;parcours d&rsquo;int&eacute;gration civique&nbsp;&raquo;.</p>
</div>
<div id="ftn4">
<p><a name="_ftn4" title href="#_ftnref4">[4]</a> Fondation Roi Baudouin&nbsp;: <a href="http://www.kbs-frb.be/">http://www.kbs-frb.be</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<div id="ftn5">
<p><a name="_ftn5" title href="#_ftnref5">[5]</a> <a href="http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf">http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<div id="ftn6">
<p><a name="_ftn6" title href="#_ftnref6">[6]</a> <a href="http://www.irfam.org/">www.irfam.org</a></p>
</div>
</div>
<p>&nbsp;&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:44:27 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/enjeu-d-insertion-des-jeunes-belgo-turcs-la-maitrise-de-la-langue-francaise-ou-neerlandaise,0000313.html</guid>
</item>
<item>
<title>La paralysie des élites face à la contestation?</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/la-paralysie-des-elites-face-a-la-contestation,0000312.html</link>
<description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify">
<p>Alors, &ldquo;la&rdquo; question est lanc&eacute;e : le mouvement r&eacute;sistera-t-il au froid? C&rsquo;est que certains Indign&eacute;s ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; rentrer chez eux , et que les forces de l&rsquo;ordre profitent de l&rsquo;occasion que leur offre la m&eacute;t&eacute;o pour durcir le ton. L&rsquo;hiver aurait-il sonn&eacute; le glas des Indign&eacute;s de Wall Street ?</p>
<p>La question n&rsquo;est &agrave; vrai dire pas r&eacute;ellement pertinente. Ce mouvement d&rsquo;indignation n&rsquo;est pas un fait m&eacute;t&eacute;orologique. Il prend racine dans un malaise bien plus profond, une soif de justice sociale m&ecirc;l&eacute;e &agrave; l&rsquo;exigence d&rsquo;une redistribution &eacute;quitable des richesses, que les gouvernements et &eacute;lites semblent impuissants &agrave; r&eacute;soudre.</p>
<p>Depuis 2011, le monde est le th&eacute;&acirc;tre de mouvements de protestation et de r&eacute;volte. Le printemps arabe a lanc&eacute; le mouvement en d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e, de fa&ccedil;on totalement spectaculaire, inattendue et courageuse. La contestation a ensuite pris d&rsquo;autres formes moins voyantes ailleurs dans le monde: Ath&egrave;nes, Madrid, Londres, mais aussi en Inde, en Chine, au Chili, en Isra&euml;l, ... Ces mouvements de contestation sont d&rsquo;autant plus remarquables qu&rsquo;&agrave; chaque fois, ils semblent prendre tout le monde par surprise, &agrave; commencer par les classes politiques dirigeantes.</p>
<p>Est-ce &agrave; dire que ces mouvements de contestation ne seraient que des ph&eacute;nom&egrave;nes isol&eacute;s, impr&eacute;visibles, de l&rsquo;ordre d&rsquo;une contre-culture, installant de facto nos classes politiques dirigeantes dans une impuissance &agrave; anticiper et &agrave; r&eacute;agir ? Bien s&ucirc;r que non. Ces mouvements crient , sous diff&eacute;rents visages, la m&ecirc;me col&egrave;re face &agrave; l&rsquo;exclusion sociale, &agrave; la pr&eacute;carit&eacute; socio-&eacute;conomique et &agrave; la corruption des &eacute;lites. Il n&rsquo;y a pas autre chose que cela et il y a &agrave; la fois tout cela, pour le moins dans nos soci&eacute;t&eacute;s occidentales.</p>
<p>Dans ce contexte, plus que l&rsquo;incapacit&eacute; des &eacute;lites &agrave; anticiper ces mouvements de contestation et &agrave; proposer des solutions durables, il s&rsquo;agit de se poser la question de la capacit&eacute; m&ecirc;me de ces &eacute;lites &agrave; voir, comprendre et r&eacute;agir face &agrave; ce type de mouvements.</p>
<p>Que nous disent les &eacute;meutiers ? Veulent-ils changer le &ldquo;syst&egrave;me&rdquo; en bloc ? Quelle alternative s&eacute;rieuse pourrait-on trouver, en occident (je ne m&rsquo;aventurerai pas sur d&rsquo;autres terrains g&eacute;ographiques), &agrave; un mode de vie fond&eacute; sur la d&eacute;mocratie, la libre circulation des biens et des personnes, la protection des minorit&eacute;s ?</p>
<p>Prenons les Indign&eacute;s de Wall Street. Ce qu&rsquo;ils d&eacute;noncent, c&rsquo;est une d&eacute;rive du syst&egrave;me, la corruption, l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute; et la cupidit&eacute; sont reines. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de &ldquo;tuer&rdquo; le syst&egrave;me, mais de le ramener &agrave; des valeurs fondamentales de respect et de vivre ensemble, qui sont celles de la communaut&eacute;. C&rsquo;est une guerre aux hors-la-loi, aux profiteurs, aux inconscients, qui est men&eacute;e.</p>
<p>Souvent, nos &eacute;lites ont soutenu, voire ont &eacute;t&eacute; de ceux-l&agrave;. Ce que nous appelons une certaine forme de d&eacute;viance politique a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; la crise de la dette, qui elle-m&ecirc;me pr&eacute;c&egrave;de la crise &eacute;conomique et financi&egrave;re, et non l&rsquo;inverse. Par exemple,&nbsp; Wall Street, qui je vous l&rsquo;accorde, en tant que place financi&egrave;re, est une forme d&rsquo;&Eacute;tat dans l&rsquo;&Eacute;tat : il semblerait que la SEC (Securities and Exchange Commission), en charge du contr&ocirc;le de Wall Street, aurait couvert les d&eacute;linquants financiers. Et ce n&rsquo;est probablement qu&rsquo;un d&eacute;but.</p>
<p>Nos &eacute;lites, quelles qu&rsquo;elles soient ne sont pas victimes de cette &eacute;norme crise financi&egrave;re que nous connaissons depuis 2008, elles l&rsquo;ont cr&eacute;&eacute;e. Et nous en avons parfois &eacute;t&eacute; les complices.</p>
<p>Alors, quel discours, digne et &agrave; la hauteur de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, nos &eacute;lites, politiques ou financi&egrave;res, pourraient-elles tenir face aux mouvements de protestation? Que peuvent-elles faire d&rsquo;autre &agrave; part se purger d&rsquo;elles-m&ecirc;mes ? Alors oui, il y a impuissance d&rsquo;action et de discours. Alors oui, il y a surprise pour ces &eacute;lites quand la contestation &eacute;clate, parce que celles-ci ne veulent pas voir et esp&egrave;rent toujours que les choses se &ldquo;r&eacute;gleront d&rsquo;elles-m&ecirc;mes&rdquo;. Dans une certaine mesure, cette touchante forme de na&iuml;ve esp&eacute;rance perdure chez nos &eacute;lites, encore aujourd&rsquo;hui, malgr&eacute; les sommets &eacute;conomiques et autres conseils de crise et sauvetages de banque.&nbsp; Peut-&ecirc;tre est-ce l&agrave; sa gangr&egrave;ne.</p>
<p>Il faut toutefois se garder de malhonn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle. Certains politiques et hommes d&rsquo;affaire sont droits et int&egrave;gres, et tentent s&eacute;rieusement d&rsquo;apporter une solution appropri&eacute;e aux revendications exprim&eacute;es &agrave; travers ces mouvements de protestation. Il faut se garder d&rsquo;une vision manich&eacute;enne des choses &ndash; la v&eacute;rit&eacute; n&rsquo;est jamais dans les extr&ecirc;mes mais dans le juste milieu. Et puis, nous avons nous aussi parfois ferm&eacute; les yeux ... Avons-nous r&eacute;ellement, jusqu&rsquo;&agrave; cette ann&eacute;e, fait autre chose que nous dire, la poitrine confiante, que notre monde serait &ldquo;r&eacute;cup&eacute;r&eacute;&rdquo; par nos leaders ?</p>
<p>Que faire aujourd&rsquo;hui ? O&ugrave; aller ? Comment r&eacute;concilier le peuple, nous, citoyens de par le monde qui exprimons ras-le-bol, frustration et m&eacute;contentement, avec les &eacute;lites que nous nous sommes choisies, que nous avons accept&eacute;es et &agrave; qui nous avons confi&eacute; un mandat de gestion du bien public ou priv&eacute; ? Si nos &eacute;lites peinent &agrave; trouver des r&eacute;ponses, le pouvons-nous seulement ? Ne sommes nous par, mis &agrave; part nos Indign&eacute;s, ici et l&agrave;, complices et profiteurs du &ldquo;syst&egrave;me&rdquo; ?</p>
<p>Nous ne serions pas &agrave; la hauteur de &ldquo;cette humeur mondiale de contestation&rdquo; si nous ne nous posions pas la question de notre capacit&eacute; et responsabilit&eacute; d&rsquo;action, et de discours, en tant que citoyen bien entendu mais aussi en tant qu&rsquo;individu. Il est bien trop facile de dire que &ldquo;c&rsquo;est la faute des politiques et des financiers si le monde est &agrave; l&rsquo;envers&rdquo;. La contestation doit &ecirc;tre suivie, n&eacute;cessairement, par l&rsquo;action individuelle et citoyenne, sinon elle essouffle et meurt sans jamais avoir atteint son but premier. Quel citoyen voulez-vous &ecirc;tre ?</p>
<p>Je conclurai en citant Naomi Klein (discours aux Indign&eacute;s de Wall Street du 29 septembre 2011):&nbsp;</p>
<blockquote>
<p>&ldquo; La t&acirc;che de notre &eacute;poque est de renverser cette situation et de contester cette p&eacute;nurie artificielle (de ressources financi&egrave;res). D&rsquo;insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;cente et ouverte, tout en respectant les limites r&eacute;elles de la Terre.</p>
<p>Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, &eacute;puiser ou emporter par les &eacute;v&eacute;nements. Cette fois, nous devons r&eacute;ussir. Et je ne parle pas (seulement) de r&eacute;guler les banques et d&rsquo;augmenter les taxes pour les riches, m&ecirc;me si c&rsquo;est important.</p>
<p>Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui r&eacute;gissent notre soci&eacute;t&eacute;. Il est difficile de r&eacute;sumer cela en une seule revendication, compr&eacute;hensible par les m&eacute;dias. Et il est difficile &eacute;galement de d&eacute;terminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.&rdquo;</p>
</blockquote>
<p>S&rsquo;il y a une r&eacute;volution syst&eacute;mique, c&rsquo;est bien de celle-l&agrave; qu&rsquo;il s&rsquo;agit !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</p>
<!--EndFragment-->]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 13:35:05 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/la-paralysie-des-elites-face-a-la-contestation,0000312.html</guid>
</item>
<item>
<title>Les métis, ces enfants de nos anciennes colonies</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/les-metis-ces-enfants-de-nos-anciennes-colonies,0000311.html</link>
<description><![CDATA[<p>Les 50 ans de l&rsquo;Ind&eacute;pendance des trois pays africains des Grands Lacs, la RDCongo en 2010, le Rwanda et le Burundi en 2012, sont l&rsquo;occasion, pour Pax Christi Wallonie-Bruxelles, de se replonger dans l&rsquo;histoire coloniale belge et ce qui continue &agrave; lier, aujourd&rsquo;hui, la Belgique et ces trois pays. Le travail effectu&eacute; par notre Commission &laquo;&nbsp;diaspora&nbsp;&raquo; et certaines rencontres avec des membres nous ont &eacute;galement amen&eacute;s &agrave; nous pencher sur ce sujet derni&egrave;rement, et notamment sur une face encore bien vivante de l&rsquo;entreprise coloniale belge&nbsp;: les populations m&eacute;tisses.</p>
<p>L&rsquo;opportunit&eacute; nous a &eacute;t&eacute; offerte de prolonger cette r&eacute;flexion sur le m&eacute;tissage lors d&rsquo;un d&eacute;bat que nous avons organis&eacute; en octobre dernier suite &agrave; la projection du dernier documentaire de la r&eacute;alisatrice belge Nathalie Borgers intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Bons baisers de la colonie&nbsp;&raquo;, dans le cadre du Festival International du Film Francophone (FIFF) &agrave; Namur. Pax Christi Wallonie-Bruxelles animait cette projection-d&eacute;bat &agrave; destination des membres de l&rsquo;Universit&eacute; des A&icirc;n&eacute;s de Namur (UDA). Elle a suscit&eacute; bien des souvenirs et des commentaires de la part de ce public, mais &eacute;galement de nombreuses r&eacute;actions de la part des jeunes pr&eacute;sents dans la salle.</p>
<p>Il faut dire que le m&eacute;tissage fait aujourd&rsquo;hui partie int&eacute;grante de notre soci&eacute;t&eacute; et touche, d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, chacun d&rsquo;entre nous. Toutefois, nous ne sommes pas tous concern&eacute;s et interpell&eacute;s de mani&egrave;re identique. En effet, l&rsquo;image et la place des m&eacute;tis dans la soci&eacute;t&eacute; ainsi que le concept de m&eacute;tissage ont fortement &eacute;volu&eacute; au cours du temps : de la naissance de la notion de m&eacute;tissage au XIXe si&egrave;cle pour d&eacute;crire un m&eacute;lange des sangs, du point de vue racial, on en est arriv&eacute; aujourd&rsquo;hui &agrave; un concept qui &laquo;&nbsp;d&eacute;signe quelque chose comme le libre m&eacute;lange des genres, sur fond de m&eacute;lange des couleurs de peau&nbsp;&raquo;<a name="_ftnref1" title href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<h3><b>&nbsp;&laquo;&nbsp;Bons baisers de la colonie&nbsp;&raquo;, une voix parmi tant d&rsquo;autres</b></h3>
<p>N&eacute;e au Rwanda en 1926, Suzanne a quatre ans lorsque son p&egrave;re, L&eacute;on Borgers, l&rsquo;emm&egrave;ne en Belgique. Il s&rsquo;est entretemps mari&eacute; &agrave; une jeune belge (avec qui il aura plus tard deux autres enfants) qui ne souhaite pas vraiment la pr&eacute;sence de cette &laquo;&nbsp;mul&acirc;tresse&nbsp;&raquo; dans sa famille. Suzanne est principalement &eacute;lev&eacute;e par une grand-tante et des s&oelig;urs dans un pensionnat. &Agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 18 ans, la jeune fille est carr&eacute;ment rejet&eacute;e de la maison familiale&nbsp;; sa belle-m&egrave;re a demand&eacute; &agrave; L&eacute;on de choisir entre Suzanne et elle. Il &eacute;mancipe donc sa fille mais continue &agrave; la voir de temps &agrave; autre. Suzanne devient infirmi&egrave;re, elle se marie et a deux enfants. Elle ne conna&icirc;t &agrave; ce moment-l&agrave; presque rien de ses origines&nbsp;: son p&egrave;re est toujours rest&eacute; tr&egrave;s &eacute;vasif sur son histoire&nbsp;; elle sait juste que sa m&egrave;re est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e peu apr&egrave;s sa naissance. Il l&rsquo;informe &eacute;galement du nom du village o&ugrave; elle serait n&eacute;e. Il s&rsquo;av&egrave;rera que celui-ci n&rsquo;existe pas. Son p&egrave;re lui a menti, sans doute pour qu&rsquo;elle ne d&eacute;couvre jamais la v&eacute;rit&eacute;. Pourtant, &agrave; 45 ans, une association rwandaise la contacte et lui apprend cette v&eacute;rit&eacute;&nbsp;: sa m&egrave;re est toujours en vie et la recherche depuis des ann&eacute;es. Suzanne n&rsquo;y croit pas. Ou elle ne veut plut&ocirc;t pas y croire. Sa vie est en Belgique maintenant. La col&egrave;re contre son p&egrave;re l&rsquo;envahit. En vain puisqu&rsquo;il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; quelques ann&eacute;es auparavant. Sa propre fille, Annick, d&eacute;cide de partir &agrave; la rencontre de sa famille rwandaise qui l&rsquo;accueillera &agrave; bras ouverts. Elle y passera trois semaines. Elle sera notamment re&ccedil;ue par Jacques, l&rsquo;un des autres enfants n&eacute;s de la rencontre entre L&eacute;on et cette femme rwandaise. Ils seront trois au total, avec Jean d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;adolescence. Tous les questionnements enfouis depuis des ann&eacute;es resurgissent alors. Qui &eacute;tait vraiment son p&egrave;re&nbsp;? Pourquoi l&rsquo;a-t-il ramen&eacute;e elle et pas ses fr&egrave;res&nbsp;? Pour quelles raisons a-t-il d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;appeler ses deux fils en Belgique (dont le p&egrave;re de Nathalie) Jacques et Jean, comme ses deux gar&ccedil;ons laiss&eacute;s au Rwanda&nbsp;? Par culpabilit&eacute;&nbsp;? En leur souvenir&nbsp;? Les questions sont nombreuses. Elles resteront sans r&eacute;ponse apr&egrave;s le suicide de sa fille Annick. Suzanne d&eacute;cide, en effet, de tirer un trait sur son pass&eacute;&hellip; jusqu'&agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de Nathalie qui cherche &agrave; comprendre l&rsquo;histoire de sa tante, de son grand-p&egrave;re, toutes ces pi&egrave;ces manquantes en Belgique et en Afrique. Nathalie, dans son &laquo;&nbsp;enqu&ecirc;te&nbsp;&raquo;, rencontre Jacques au Rwanda et trouve, gr&acirc;ce au r&eacute;cit de ce dernier et &agrave; des recherches sur le contexte historique de l&rsquo;entreprise coloniale, quelques r&eacute;ponses pour compl&eacute;ter un peu le puzzle de la vie de Suzanne.</p>
<h3><b>Les m&eacute;tis, ces enfants de la colonie</b></h3>
<p>Suzanne fait partie des 12 000 &laquo;&nbsp;mul&acirc;tres&nbsp;&raquo;, appel&eacute;s aujourd&rsquo;hui m&eacute;tis, que comptait le Congo &agrave; son ind&eacute;pendance<a name="_ftnref2" title href="#_ftn2">[2]</a>. Le terme utilis&eacute; t&eacute;moigne bien de la consid&eacute;ration qu&rsquo;on &eacute;prouvait &agrave; leur &eacute;gard : &laquo;&nbsp;mul&acirc;tre&nbsp;&raquo; vient de l&rsquo;espagnol &laquo;&nbsp;mulato&nbsp;&raquo;, litt&eacute;ralement &laquo;&nbsp;un semblant de mulet&nbsp;&raquo;, une version humaine du b&acirc;tard du cheval (sous-entendu l&rsquo;Europ&eacute;en blanc) et de l&rsquo;&acirc;nesse (renvoyant &agrave; l&rsquo;esclave noire), comme l&rsquo;explique Lissia Jeurissen<a name="_ftnref3" title href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p>Une bonne partie de ces enfants sont n&eacute;s des relations de concubinage qu&rsquo;entretenaient les jeunes colons blancs envoy&eacute;s par la Belgique avec de jeunes femmes indig&egrave;nes, soit pour pallier leur solitude sexuelle et affective, soit parce que certains chefs indig&egrave;nes offraient eux-m&ecirc;mes des jeunes filles aux Europ&eacute;ens de passage. Ces relations ou mariages coutumiers duraient souvent le temps de leur affectation. Ensuite, deux solutions s&rsquo;offraient au p&egrave;re : laisser l&rsquo; (les) enfant(s) en Afrique ou le(s) ramener en Belgique, comme Suzanne, &laquo;&nbsp;m&eacute;tisse sauv&eacute;e d&rsquo;un destin de n&egrave;gre&nbsp;&raquo; par son p&egrave;re. Au Congo, au Rwanda ou au Burundi, la prostitution guettait les filles m&eacute;tisses. Les gar&ccedil;ons, en revanche, avaient davantage de possibilit&eacute;s de mieux s&rsquo;en sortir. L&eacute;on Borgers a donc d&eacute;cid&eacute; de laisser ses fils &agrave; son &eacute;pouse rwandaise et d&rsquo;emmener Suzanne pour la prot&eacute;ger et lui offrir une vie &laquo;&nbsp;meilleure&nbsp;&raquo;. Le geste de L&eacute;on &eacute;tait plut&ocirc;t rare &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Malheureusement, il a &eacute;t&eacute; terni par les mensonges. La plupart des m&eacute;tis ayant connu le m&ecirc;me sort que Suzanne ont pris racine en Belgique et y ont construit une vie acceptable, bien que parsem&eacute;e de questionnements identitaires, d&rsquo;un manque de rep&egrave;res et de difficult&eacute;s li&eacute;es &agrave; leur reconnaissance dans la soci&eacute;t&eacute; belge.</p>
<p>Une grande majorit&eacute; des m&eacute;tis abandonn&eacute;s en Afrique ont, quant &agrave; eux, connu un sort encore plus douloureux. En plus d&rsquo;&ecirc;tre laiss&eacute;s par leur p&egrave;re, ces jeunes ont ensuite &eacute;t&eacute; assimil&eacute;s &agrave; des enfants abandonn&eacute;s et retir&eacute;s &agrave; leur famille africaine par l&rsquo;autorit&eacute; coloniale, afin de les placer dans des internats et colonies scolaires tenus par des missionnaires. Ils &eacute;taient ainsi r&eacute;pertori&eacute;s et &laquo;&nbsp;sous contr&ocirc;le&nbsp;&raquo;. Ils soulevaient, en effet, au d&eacute;but de la colonisation, la m&eacute;fiance du pouvoir politique. Plac&eacute;s dans les missions, ils &eacute;taient ainsi soustraits au milieu indig&egrave;ne et &eacute;duqu&eacute;s par nos soins. Ils y recevaient des avantages que les Noirs ne connaissaient pas (nourriture, confort, etc.). Les missionnaires esp&eacute;raient aussi les christianiser plus rapidement ou en faire une main d&rsquo;&oelig;uvre plus qualifi&eacute;e.</p>
<h3><b>Identit&eacute;(s) et reconnaissance</b></h3>
<p>Qu&rsquo;ils aient grandi et qu&rsquo;ils vivent actuellement en Afrique centrale ou en Belgique, les m&eacute;tis n&eacute;s de la rencontre belgo-congolaise doivent faire face, aujourd&rsquo;hui encore, &agrave; de nombreuses difficult&eacute;s et souffrances, int&eacute;rieures comme ext&eacute;rieures.</p>
<p>L&rsquo;histoire de Suzanne en illustre beaucoup d&rsquo;autres et ses questionnements r&eacute;sonnent dans la t&ecirc;te de nombreux m&eacute;tis. Les premiers sont directement li&eacute;s &agrave; l&rsquo;identit&eacute; personnelle et familiale. Comment peut-on savoir qui l&rsquo;on est quand on ne sait pas d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;on vient&nbsp;? O&ugrave; trouver des rep&egrave;res pour se construire une identit&eacute; lorsque les racines sont trop profond&eacute;ment enfouies ou carr&eacute;ment amput&eacute;es&nbsp;? D&eacute;j&agrave; en recherche de pi&egrave;ces manquantes, les m&eacute;tis doivent en plus composer avec une origine double&nbsp;; ils vivent dans &laquo;&nbsp;un entre-deux racial d&eacute;chir&eacute; par les paradoxes du plus ou moins noir ou du plus ou moins blanc dans une soci&eacute;t&eacute; fond&eacute;e sur la barri&egrave;re de couleur&nbsp;&raquo;<a name="_ftnref4" title href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p>La gestion de ces deux facettes est complexe&nbsp;et douloureuse&nbsp;: pas tout &agrave; fait d&rsquo;ici, pas vraiment de l&agrave;-bas, ils sont souvent rejet&eacute;s et/ou sujets &agrave; la discrimination. Le monde &laquo;&nbsp;ext&eacute;rieur&nbsp;&raquo; ne les aide donc pas &agrave; trouver un &eacute;quilibre interne. Leur position interm&eacute;diaire est faussement per&ccedil;ue comme un atout&nbsp;; ils ne sont pas mieux compris et ne b&eacute;n&eacute;ficient pas de &laquo;&nbsp;facilit&eacute;s&nbsp;&raquo; des deux c&ocirc;t&eacute;s. Au contraire. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; comme de l&rsquo;autre, on leur reproche d&rsquo;appartenir aussi &agrave; un autre &laquo;&nbsp;camp&nbsp;&raquo;. Les m&eacute;tis belgo-congolais/rwandais/burundais sont souvent stigmatis&eacute;s par l&rsquo;opinion g&eacute;n&eacute;rale comme individus &laquo;&nbsp;entre deux&nbsp;&raquo;, et non comme des &ecirc;tres incarnant la &laquo;&nbsp;parfaite&nbsp;&raquo; conciliation entre deux individus diff&eacute;rents par leur origine, leur culture, leur langue, leur couleur de peau, telle que nous le refl&egrave;tent la publicit&eacute;, le marketing ou encore l&rsquo;art. Cette non-reconnaissance am&egrave;ne donc &agrave; une forte exclusion sociale des m&eacute;tis dans la vie quotidienne (emploi, logement, etc.) et, par cons&eacute;quent, une grande difficult&eacute;, pour certains, &agrave; trouver leur place dans la soci&eacute;t&eacute; et le r&ocirc;le qu&rsquo;ils pourraient y jouer.</p>
<h3><b>&Eacute;couter et valoriser le m&eacute;tissage et la diversit&eacute;</b></h3>
<p>Ces difficult&eacute;s et traumatismes que connaissent les m&eacute;tis, n&eacute;s d&rsquo;une relation entre un colon belge et une femme africaine, nous rappellent que le passage de la Belgique en Afrique centrale a laiss&eacute; de nombreuses traces qu&rsquo;on a parfois tendance &agrave; oublier. La Belgique a une responsabilit&eacute; &agrave; assumer&nbsp;: reconna&icirc;tre l&rsquo;existence de tous ces m&eacute;tis et leur offrir une place et un espace de parole dans notre soci&eacute;t&eacute;. Des t&eacute;moignages comme celui de Suzanne sont essentiels pour deux raisons majeures<a name="_ftnref5" title href="#_ftn5">[5]</a>&nbsp;: premi&egrave;rement, ils permettent d&rsquo;&eacute;viter que cette page importante de l&rsquo;histoire belge ne soit per&ccedil;ue comme une simple anecdote. Les souffrances engendr&eacute;es sont trop importantes pour lui laisser ce statut. Et deuxi&egrave;mement, la diffusion de ces r&eacute;cits permettra peut-&ecirc;tre &agrave; certains m&eacute;tis, en qu&ecirc;te d&rsquo;une harmonie int&eacute;rieure, de comprendre une partie de leur histoire, de situer l&rsquo;origine de certains de leurs tourments, de trouver des r&eacute;ponses &agrave; certains questionnements ou de se sentir moins seuls. Ces t&eacute;moignages permettront certainement &agrave; leurs descendants de retrouver les cha&icirc;nons manquants de leur arbre g&eacute;n&eacute;alogique physique et affectif. Nous voyons aussi une troisi&egrave;me raison qui motive notre travail quotidien &agrave; Pax Christi : c&rsquo;est en allant &agrave; la rencontre de l&rsquo;autre et en le connaissant, &agrave; travers son histoire, sa culture, sa religion ou encore ses origines, que nous pouvons le comprendre et l&rsquo;accepter. Nos diff&eacute;rentes commissions, et en premier lieu la commission &laquo;&nbsp;diaspora&nbsp;&raquo;, va donc poursuivre son travail de r&eacute;flexion sur la question des identit&eacute;s et va notamment le partager au niveau local avec les diff&eacute;rentes communaut&eacute;s africaines.</p>
<p>Pour terminer, nous voudrions rappeler que l&rsquo;histoire et les questions soulev&eacute;es ici ne concernent pas uniquement les m&eacute;tis n&eacute;s de l&rsquo;entreprise coloniale, mais font &eacute;galement &eacute;cho au quotidien de nombreux m&eacute;tis de par le monde, ainsi qu&rsquo;&agrave; celui de toutes les personnes issues d&rsquo;origines mixtes ou de minorit&eacute;s. La soci&eacute;t&eacute; de demain sera encore plus multiculturelle et diversifi&eacute;e qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le r&eacute;sultat d&rsquo;une mondialisation incessante. &Agrave; nous de tout mettre en &oelig;uvre pour que ces interf&eacute;rences socio-culturelles deviennent de vraies rencontres et que les citoyens fassent le pas d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; multiculturelle &agrave; une soci&eacute;t&eacute; interculturelle o&ugrave; les individus, aussi diff&eacute;rents et m&eacute;tiss&eacute;s qu&rsquo;ils soient, seront juste consid&eacute;r&eacute;s comme des &ecirc;tres humains&hellip;</p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a name="_ftn1" title href="#_ftnref1">[1]</a> &laquo;&nbsp;Branchements&nbsp;: penser le m&eacute;tissage autrement. Entretien d&rsquo;Ayoko Mensah avec Jean-Loup Amselle&nbsp;&raquo;, <i>Africultures</i>, disponible sur <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=3760">http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=3760</a></p>
</div>
<div id="ftn2">
<p><a name="_ftn2" title href="#_ftnref2">[2]</a> Braeckman Colette, &laquo;&nbsp;Congo retro&nbsp;: les m&eacute;tis, ces enfants oubli&eacute;s de la Belgique&nbsp;&raquo;, <i>Le carnet de Colette Braeckman</i>, 29 avril 2010, disponible sur <a href="http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2010/04/29/les-metis-ces-enfants-oublies-de-la-belgique">http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2010/04/29/les-metis-ces-enfants-oublies-de-la-belgique</a></p>
</div>
<div id="ftn3">
<p><a name="_ftn3" title href="#_ftnref3">[3]</a> Jeurissen Lissia, &laquo;&nbsp;M&eacute;tis&nbsp;: le retour des vieux d&eacute;mons coloniaux&nbsp;&raquo;, <i>Politique. Revue de d&eacute;bats</i>, n&deg;65, juin 2010, disponible sur <a href="http://politique.eu.org/spip.php?article1111">http://politique.eu.org/spip.php?article1111</a></p>
</div>
<div id="ftn4">
<p><a name="_ftn4" title href="#_ftnref4">[4]</a> Jeurissen Lissia, &laquo;&nbsp;M&eacute;tis&nbsp;: le retour des vieux d&eacute;mons coloniaux&nbsp;&raquo;, <i>Politique. Revue de d&eacute;bats</i>, n&deg;65, juin 2010, disponible sur <a href="http://politique.eu.org/spip.php?article1111">http://politique.eu.org/spip.php?article1111</a></p>
</div>
</div>
<p><a name="_ftn5" title href="#_ftnref5">[5]</a> Ce sont ces deux raisons qui ont pouss&eacute; Assumani Budagwa &agrave; approfondir la question des m&eacute;tis et &agrave; se lancer dans la r&eacute;daction d&rsquo;une &eacute;tude intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;Le triste sort des m&eacute;tis du Congo belge et du Ruanda-Urundi (1908-1960)&nbsp;&raquo; qui sera publi&eacute;e prochainement.&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 13:19:36 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/les-metis-ces-enfants-de-nos-anciennes-colonies,0000311.html</guid>
</item>
<item>
<title>La main invisible du marché en pleine figure!</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/la-main-invisible-du-marche-en-pleine-figure,0000310.html</link>
<description><![CDATA[<p class="p3">&nbsp;</p>
<p class="p1">&nbsp;</p>
<p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;text-align:justify">&nbsp;</p>
<div>
<p>La th&eacute;orie de l&eacute;gitimit&eacute; occidentale, le n&eacute;o-lib&eacute;ralisme, est discr&eacute;dit&eacute;e. La toute puissance du march&eacute; se montre comme la toute puissance de quelques-uns au d&eacute;triment de tous les autres. En quelques semaines, la main invisible du march&eacute; s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e dans le quotidien de nombreux citoyens europ&eacute;ens en s&rsquo;attaquant &agrave; deux piliers de leur s&eacute;curit&eacute; : l&rsquo;&eacute;pargne et l&rsquo;Etat. Pour les habitants d'Islande et d'Irlande il y a deux ans, la Gr&egrave;ce et l'Espagne aujourd'hui, le retour de manivelle est soudain, brutal et douloureux. Et demain, personne ne peut pr&eacute;dire qui sera le suivant.</p>
<p>La r&eacute;action des politiques est d&eacute;cevante. On per&ccedil;oit, dans le sauvetage des banques, une collusion entre les int&eacute;r&ecirc;ts financiers et politiques. La crise de la dette des Etats europ&eacute;ens semble reporter le poids de la crise financi&egrave;re sur les citoyens. Les r&eacute;actions des gouvernements nationaux paraissent dict&eacute;es de l'ext&eacute;rieur &agrave; tel point que les Grecs, persuad&eacute;s de l'incapacit&eacute; de leurs hommes politiques &agrave; r&eacute;agir, ne r&eacute;clament m&ecirc;me pas un autre gouvernement. L'Union europ&eacute;enne, dont on avait vant&eacute; r&eacute;cemment le nouveau trait&eacute; et ses nouvelles dispositions en mati&egrave;re de gouvernance, est incapable de parler et d'agir &agrave; l'unisson. Chacun d&eacute;signe son coupable et au nombre des victimes expiatoires, on compte les agences de notation, les Grecs, les banques, l'Euro, Angela Merkel... Bref, entre fatalisme et populisme, une troisi&egrave;me voie fait d&eacute;faut.</p>
<p>Le souffle du &laquo;&nbsp;printemps arabe&nbsp;&raquo;, aviv&eacute; par la communication de Chefs d'Etat occidentaux en recherche de r&eacute;ussite apr&egrave;s leurs &eacute;checs en Irak, en Afghanistan et en Palestine, oxyg&egrave;ne la plan&egrave;te d'une nouvelle utopie. Un autre monde est possible. Un r&eacute;gime apparemment immuable peut &ecirc;tre chang&eacute; en quelques jours par la volont&eacute; d'un peuple et par l'action pacifique collective. Traduit en langage indign&eacute;, on peut lire sur le site <a href="http://www.occupywallstreet.org/">www.occupywallst.org </a>: &quot;Nous sommes les 99% qui ne tol&eacute;rerons pas plus longtemps la cupidit&eacute; et la corruption du 1% restants.&nbsp;<sup><a href="#sdfootnote1sym">1</a>&nbsp;&quot;</sup></p>
<h3><b>Les indign&eacute;s: un mouvement en forme de happening</b><a href="#sdfootnote2sym"><b><sup>2</sup></b>  </a></h3>
<p>Comme souvent, la forme du mouvement est le message. Le mouvement des indign&eacute;s a cependant ceci de particulier, c'est que la forme en est le principal message. Les indign&eacute;s r&eacute;clament le &laquo;&nbsp;tout autre&nbsp;&raquo; en vivant leur utopie. Ils s'approprient l'espace public pour y organiser des campements g&eacute;r&eacute;s de fa&ccedil;on totalement &eacute;galitaire. Le vote &agrave; main lev&eacute;e de l'ensemble des participants sur toutes les d&eacute;cisions, qu'elles touchent &agrave; l'organisation quotidienne du camp ou aux actions militantes &agrave; mener, est g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; dans l'ensemble des campements &agrave; travers le monde.</p>
<p>La globalisation du mouvement, n&eacute; en mai &agrave; Madrid, est un facteur de motivation et de l&eacute;gitimit&eacute;. En quelques mois, presque toutes les capitales du monde ont vu se faire et se d&eacute;faire des campements. Le mouvement n'a pas fait d'&eacute;mules dans les campagnes. Il investit le coeur des villes et du syst&egrave;me, de la Plaza del Sol &agrave; Wall Street en passant par le London Stock Exchange, pour d&eacute;fier les puissants et se montrer au monde.</p>
<p>Les indign&eacute;s occupent le terrain... et le terrain m&eacute;diatique! Le 15 octobre dernier, les t&eacute;l&eacute;visions du monde diffusaient, comme elles le font les nuits de r&eacute;veillon, les images de milliers de personnes dans les rues, de Tokyo &agrave; New-York en passant par J&eacute;rusalem et les 948 autres villes o&ugrave; des manifestations &eacute;taient organis&eacute;es. Cette communication n'a cependant pas de visage: les indign&eacute;s n'ont ni leader ni porte-parole d&eacute;sign&eacute;.</p>
<h3><b>Les jeunes travailleurs, principales victimes de la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo;</b></h3>
<p>La face visible du mouvement est un homme ou une femme, souvent jeune, dipl&ocirc;m&eacute;, sans emploi et d&eacute;sabus&eacute;. Le mouvement int&egrave;gre chaque participant pour autant qu'il n'appartienne &agrave; aucun groupe constitu&eacute;. Il r&eacute;pond en cela au d&eacute;ficit d'inclusion v&eacute;cu par les jeunes , qui s'est encore aggrav&eacute; avec la crise financi&egrave;re: le taux de ch&ocirc;mage des jeunes dans l'Union Europ&eacute;enne est estim&eacute; &agrave; 18,02% en 2011, soit une augmentation de pr&egrave;s de 5% en 3 ans de crise. A l'&eacute;chelle mondiale, le taux de ch&ocirc;mage des jeunes en 2011 est de 12,7%<sup><a href="#sdfootnote3sym">3</a></sup>, soit pr&egrave;s de 80 000 000 de jeunes sans emploi ! Ce taux est un record absolu. A titre de comparaison, le taux de ch&ocirc;mage mondial des adultes est de 4,7%.</p>
<p>Selon le rapport de l'Organisation Internationale du Travail, ces tendances auront &quot;<i>de s&eacute;rieuses cons&eacute;quences pour les jeunes alors que des nouveaux arrivants sur le march&eacute; du travail viennent grossir les rangs de ceux qui sont d&eacute;j&agrave; au ch&ocirc;mage</i>&quot;. L'OIT met en garde contre &quot;<i>le risque d'une &quot;g&eacute;n&eacute;ration perdue</i>&quot;, constitu&eacute;e de &laquo;&nbsp;<i>jeunes gens qui sont totalement d&eacute;tach&eacute;s du march&eacute; du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner d&eacute;cemment leur vie</i>&quot;.</p>
<p>De la place Tahrir &agrave; la Plaza del Sol, on peut ainsi voir des caract&eacute;ristiques communes dans les revendications des manifestants. Bien s&ucirc;r, les motivations sont disparates et les revendications se d&eacute;clinent selon les probl&eacute;matiques nationales mais partout on r&eacute;clame le droit &agrave; un avenir, &agrave; plus de d&eacute;mocratie, &agrave; plus d'emploi, &agrave; plus de justice, &agrave; un nouveau syst&egrave;me politique et &eacute;conomique.</p>
<p>Il y a par ailleurs une r&eacute;clamation pour soi de l'espace public et particuli&egrave;rement du centre ville. Le centre des grandes villes est un lieu o&ugrave; la mixit&eacute; des fonctions a tendance &agrave; dispara&icirc;tre au profit d'une fonction &eacute;conomique unique. Le logement continue &agrave; diminuer au profit des bureaux. L'occupation symbolique d'un lieu central de la ville porte en soi la revendication d'un logement d&eacute;cent &agrave; prix abordable dans la ville, revendication &agrave; l'origine du mouvement en Isra&euml;l et tr&egrave;s pr&eacute;sente dans les mouvements europ&eacute;ens et am&eacute;ricains.</p>
<p>Enfin, l'occupation de la rue et de l'espace m&eacute;diatique est une r&eacute;ponse au nouvel activisme de la droite conservatrice. A Madrid, depuis la reconduction de la gauche au pouvoir en 2008 , la rue est le th&eacute;&acirc;tre de manifestations in&eacute;dites rassemblant des centaines de milliers de personnes autour de th&eacute;matiques ch&egrave;res &agrave; la droite conservatrice. Le Tea Party aux Etats-Unis, le Berlusconisme en Italie, la mont&eacute;e de l'extr&ecirc;me-droite en Europe sont autant de ph&eacute;nom&egrave;nes auxquels la gauche n'a pu r&eacute;pondre jusqu'&agrave; pr&eacute;sent. Il se peut que le mouvement des indign&eacute;s soit un d&eacute;but de r&eacute;ponse, si la gauche s'en saisit.</p>
<h3><b>L'avenir du mouvement des indign&eacute;s</b></h3>
<p>Les revendications ne sont pas neuves et elles ont &eacute;t&eacute; maintes fois r&eacute;p&eacute;t&eacute;es et d&eacute;taill&eacute;es dans les Forums sociaux mondiaux. Cependant, les crises s'encha&icirc;nent &ndash; dans une interview, un indign&eacute; belge n&eacute; en 1981 explique ne pas avoir connu autre chose que la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo; - et le politique, dans une course folle, court derri&egrave;re l'actualit&eacute;.</p>
<p>Le mouvement veut remettre &agrave; l'agenda des changements fondamentaux. Il y parviendra s'il arrive &agrave; d&eacute;passer le caract&egrave;re &eacute;ph&eacute;m&egrave;re des campements, s'il frappe nos consciences. Ce mouvement ne s'adresse pas aux dirigeants ni aux institutions. Il s'adresse &agrave; notre intelligence, &agrave; notre cr&eacute;ativit&eacute;. Oui, un autre monde est possible!</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a>&nbsp;<a href="#sdfootnote1anc">Slogan du mouvement Occupy Wall Street, New-York</a></p>
<p><a href="#sdfootnote2anc">2</a>&nbsp;<a href="#sdfootnote2anc">Happening: Forme de spectacle qui suppose la participation des spectateurs et qui cherche &agrave; faire atteindre &agrave; ceux-ci un moment d'enti&egrave;re libert&eacute; et de cr&eacute;ation artistique spontan&eacute;e &ndash; Larousse.</a></p>
<p><a href="#sdfootnote3anc">3</a>&nbsp;<a href="#sdfootnote3anc">Selon les pr&eacute;visions de l'Organisation Internationale du Travail, http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/press-and-media-centre/news/WCMS_143358/lang--fr/index.htm</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<!--EndFragment-->
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 13:44:48 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/la-main-invisible-du-marche-en-pleine-figure,0000310.html</guid>
</item>
<item>
<title>Vive l’austérité enfin chez nous !</title>
<link>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/vive-l-austerite-enfin-chez-nous,0000309.html</link>
<description><![CDATA[<h3><b>Les politiques d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;</b></h3>
<p>Un programme d&rsquo;ajustement structurels est un ensemble de r&eacute;formes &eacute;conomiques mises en place par le Fonds mon&eacute;taire international (FMI) ou la Banque mondiale pour permettre &agrave; un pays gravement touch&eacute; par des difficult&eacute;s &eacute;conomiques de sortir de la crise qui l&rsquo;handicape. Traditionnellement, le FMI offre au pays endett&eacute; des cr&eacute;dits conditionn&eacute;s &agrave; l&rsquo;adoption d&rsquo;un ensemble de r&eacute;formes structurelles&nbsp; ou de dispositions conjoncturelles visant, pour l&rsquo;essentiel, &agrave; faciliter l&rsquo;action salvatrice de la fameuse main invisible d&rsquo;Adam Smith.</p>
<p>Ces programmes se r&eacute;f&egrave;rent au dit &laquo;&nbsp;<b>Consensus de Washington</b>&nbsp;&raquo; depuis des d&eacute;cennies. Ce fameux consensus vise un ensemble de mesures contraignantes mais pointe avant tout l&rsquo;Etat providentiel. Les mesures prennent comme pr&eacute;texte les difficult&eacute;s des pays face &agrave; leur dette publique<a name="_ftnref1" title href="#_ftn1">[1]</a>. Le consensus est compos&eacute;, avant tout, de dix propositions&nbsp;&agrave; mettre en place par l&rsquo;Etat et qui b&eacute;n&eacute;ficieront principalement au capital, aux grandes entreprises ou &agrave; leurs actionnaires&nbsp;:</p>
<ol start="1" type="1">
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit s&rsquo;imposer une stricte discipline budg&eacute;taire sans      augmenter les imp&ocirc;ts r&eacute;els sur les revenus ou sur la fortune ;</p>
    </li>
    <li>
    <p>Cette discipline budg&eacute;taire doit s'accompagner d'une      r&eacute;affectation des fonds publics vers des secteurs offrant un retour sur      investissement &eacute;lev&eacute; ;</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit entamer une r&eacute;forme fiscale profonde ce qui revient      &agrave; baisser les imp&ocirc;ts en faveur des mieux lotis et &eacute;viter toute hausse      d&rsquo;imp&ocirc;t sur les revenus des particuliers et des entreprises, sauf&nbsp; les imp&ocirc;ts indirects (TVA ou      accises sur l&rsquo;essence);</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit autoriser la fixation des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts par des      banques priv&eacute;es, c&rsquo;est-&agrave;-dire la privatisation de la politique      mon&eacute;taire&nbsp;et de la cr&eacute;ation mon&eacute;taire&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit assurer un taux de change unique&nbsp;et proc&eacute;der,      s&rsquo;il en a l&rsquo;occasion &agrave; des d&eacute;valuations de monnaie afin d&rsquo;am&eacute;liorer la      comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises et ce, m&ecirc;me si cela risque d&rsquo;impacter      s&eacute;rieusement sur le pouvoir d&rsquo;achat de sa population.</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit abandonner toute politique du commerce ext&eacute;rieur,      en laissant aux multinationales priv&eacute;es le soin de le g&eacute;rer &agrave; leur guise;</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit s&rsquo;abstenir de toute politique d&rsquo;investissement,      sauf la subsidiation massive des entreprises priv&eacute;es;</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit privatiser tous les services publics, en ce compris      la sant&eacute;, les pensions ou l&rsquo;&eacute;ducation&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit renoncer &agrave; toute planification et r&eacute;glementation du      fonctionnement de l&rsquo;&eacute;conomie, en ce comprises les limitations impos&eacute;es &agrave;      la finance pour la prot&eacute;ger de ses propres exc&eacute;s ou celles impos&eacute;es aux      entreprises pour &eacute;viter qu&rsquo;elles abusent de leur situation pour exploiter      leurs travailleurs.</p>
    </li>
    <li>
    <p>L&rsquo;Etat doit garantir la protection absolue de la propri&eacute;t&eacute;      priv&eacute;e tels que les moyens de production, les actions, les avoirs      financiers ainsi que la propri&eacute;t&eacute; intellectuelle. Les habitations des      particuliers endett&eacute;s et en cessation de remboursement ne sont pas      concern&eacute;es par cette obligation de protection.</p>
    </li>
</ol>
<p>Les programmes mis en place dans le cadre du Consensus de Washington sont tr&egrave;s loin de faire l&rsquo;unanimit&eacute;. On reproche notamment aux r&eacute;formes structurelles impos&eacute;es de retirer aux Etats leurs capacit&eacute;s d&rsquo;intervention sur leurs &eacute;conomies nationales et de miner les d&eacute;penses sociales qui sont la cheville ouvri&egrave;re du d&eacute;veloppement. Les interventions du FMI ont men&eacute; certains pays comme l&rsquo;Argentine &agrave; un chaos &eacute;conomique et politique tel, que le pays fut proche, fin 2001, de l&rsquo;effondrement.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la crise touche de plein fouet les pays occidentaux dont la mainmise sur l&rsquo;&eacute;conomie mondiale para&icirc;t s&eacute;rieusement contest&eacute;e par les nouveaux pays &eacute;mergents. L&rsquo;activit&eacute; du FMI ne concerne plus uniquement les pays de la p&eacute;riph&eacute;rie, pays appauvris, exotiques et vivant &agrave; la marge des grands centres &eacute;conomiques mondiaux, mais aussi les six pays fondateurs de l'UE et les Etats-Unis. Alors que nous ne connaissions des r&eacute;formes du FMI que l&rsquo;&eacute;cho affaibli que nos journaux t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s voulaient bien nous donner, nous pourrons les exp&eacute;rimenter par nous-m&ecirc;mes d&rsquo;ici peu.</p>
<h3><b>Centre et p&eacute;riph&eacute;rie</b></h3>
<p>D&egrave;s la fin des ann&eacute;es 70, l&rsquo;historien Fernand Braudel &eacute;voquait la notion d&rsquo;&eacute;conomie-monde comme &laquo;&nbsp;un morceau de plan&egrave;te &eacute;conomiquement autonome, capable pour l&rsquo;essentiel de se suffire &agrave; lui-m&ecirc;me et auquel ses liaisons et ses &eacute;changes conf&egrave;rent une certaine unit&eacute; organique<a name="_ftnref2" title href="#_ftn2">[2]</a>&nbsp;&raquo;. G&ecirc;nes, Venise, Anvers, Amsterdam et Londres ont &eacute;t&eacute; successivement les centres de l&rsquo;&eacute;conomie-monde occidentale avant que la mondialisation ne relie puis n&rsquo;unifie les diff&eacute;rentes &eacute;conomies-mondes, cr&eacute;ant ce qu&rsquo;Immanuel Wallestein appelle un syst&egrave;me-monde.</p>
<p>Une &eacute;conomie-monde est organis&eacute;e avec un centre autour duquel gravitent une p&eacute;riph&eacute;rie et une marge. C&rsquo;est au c&oelig;ur de cette &eacute;conomie-monde que transitent les informations, les marchandises, les capitaux. C&rsquo;est l&agrave; aussi qu&rsquo;on retrouve la population la mieux form&eacute;e et le degr&eacute; d&rsquo;innovation le plus important, les capacit&eacute;s de production, les moyens militaires mais aussi les plus grandes concentrations de population. De son c&ocirc;t&eacute;, la p&eacute;riph&eacute;rie est d&eacute;pourvue de ces caract&eacute;ristiques ! Le dynamisme y est moins fort, les populations y sont plus pauvres et ont moins de chances de promotion sociale.</p>
<p>Le centre n&rsquo;est pas toujours unique dans un monde multilat&eacute;ral et les p&eacute;riph&eacute;ries s&rsquo;av&egrave;rent multiples. Il existe aussi des semi-p&eacute;riph&eacute;ries. Les rapports de forces entre ces sous-ensembles se caract&eacute;risent par leur d&eacute;s&eacute;quilibre.</p>
<h3><b>Globalisation de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;</b></h3>
<p>Partant ainsi de l'hypoth&egrave;se que le capitalisme comportait, du moins jusqu'ici,&nbsp;des &quot;centres&quot; et des &quot;p&eacute;riph&eacute;ries&quot;, on peut se demander si, depuis les ann&eacute;es 1990, nous n'arrivons pas &agrave; une nouvelle &eacute;tape de la globalisation. Le capital, relay&eacute; par les institutions internationales, n&rsquo;h&eacute;site plus &agrave; cibler ses attaques sur les pays du &quot;centre&quot;. Celles-ci se pr&eacute;sentent sous la forme de ces fameux programmes d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; que nous imposions pr&eacute;alablement, &agrave; la demande de ces m&ecirc;mes forces capitalistes, &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie. Elles sont ex&eacute;cut&eacute;es par les institutions financi&egrave;res internationales si&eacute;geant &agrave; Washington et &agrave; pr&eacute;dominance am&eacute;ricaine mais aussi par celles de l&rsquo;UE<a name="_ftnref3" title href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p>L&rsquo;angle d&rsquo;attaque du capital est celui de la dette des pouvoirs publics qui a explos&eacute; r&eacute;cemment pour venir en aide &agrave; ce m&ecirc;me capital qui avait manqu&eacute; de s&rsquo;effrondrer, victime de ses propres exc&egrave;s. Cette attaque sur la dette ne concerne ni les dettes des entreprises ou des banques, ni celles des particuliers, repr&eacute;sentant pourtant 3 &agrave; 10 fois des dettes publiques et croissant &eacute;galement bien plus vite.</p>
<p>Les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; que nos gouvernants nous promettent ou appliquent d&eacute;j&agrave; conform&eacute;ment au Consensus de Washington risquent notamment&nbsp;:</p>
<ul type="disc">
    <li>
    <p>d&rsquo;atteindre la justice &eacute;l&eacute;mentaire et d&rsquo;accroitre des      in&eacute;galit&eacute;s;</p>
    </li>
    <li>
    <p>de miner notre d&eacute;mocratie d&eacute;j&agrave; fort limit&eacute;e au seul politique,      &agrave; l&rsquo;exclusion de la culture ou du social-&eacute;conomique&nbsp;;</p>
    </li>
    <li>
    <p>d&rsquo;aboutir &agrave; des mouvements violents de protestation plus      importants encore que ceux plus r&eacute;cents de Madrid, de Rome, de Paris ou de      Londres.</p>
    </li>
    <li>
    <p>de susciter des r&eacute;actions d&rsquo;extr&ecirc;me-droite, de x&eacute;nophobie et      d&rsquo;exclusion&nbsp;;</p>
    </li>
</ul>
<p>Ne convient-il pas d&egrave;s lors de repenser d&rsquo;urgence notre rapport avec nos gouvernants, avec nos repr&eacute;sentants tels que les partis et les parlementaires, les organisations syndicales, les mouvements &eacute;cologiques, les associations de consommateurs et&hellip; les mouvements de paix&nbsp;en vue d&rsquo;une pens&eacute;e &agrave; renouveler, d&rsquo;une efficacit&eacute; accrue et d&rsquo;une mani&egrave;re d&rsquo;agir nouvelle?</p>
<p>L&rsquo;&eacute;conomie m&ecirc;me si elle &eacute;tait humaine et non capitaliste ne devrait-elle pas &ecirc;tre au service de la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;? Et, s&rsquo;il s&rsquo;agit du capitalisme globalis&eacute; n&rsquo;est-ce pas une raison suppl&eacute;mentaire d&rsquo;avoir la volont&eacute; de vouloir reconstruire notre soci&eacute;t&eacute;&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a name="_ftn1" title href="#_ftnref1">[1]</a> La plupart des gens ignorent que les dettes des particuliers, des m&eacute;nages restent insignifiantes par rapport aux deux autres cat&eacute;gories de dettes priv&eacute;es.</p>
</div>
<div id="ftn2">
<p><a name="_ftn2" title href="#_ftnref2">[2]</a> Fernand Braudel,&nbsp;Civilisation mat&eacute;rielle, &eacute;conomie et capitalisme,&nbsp;XVe-XVIIIe&nbsp;si&egrave;cle, Paris, 1979, p. 14.</p>
</div>
</div>
<p><a name="_ftn3" title href="#_ftnref3">[3]</a> C&rsquo;est l&rsquo;UE qui con&ccedil;oit et impose les mesures d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; radicales au nom de la stabilit&eacute;. En r&eacute;alit&eacute;, elle soumet le fonctionnement socio-&eacute;conomique entier &agrave; la logique priv&eacute;e&nbsp;! Voir l&rsquo;article &laquo;&nbsp;Le M&eacute;canisme europ&eacute;en de stabilit&eacute;&nbsp;&raquo; paru dans le dernier bulletin de la Banque centrale europ&eacute;enne du juillet 2011.&nbsp;</p>]]></description>
<dc:creator>Nicolas Bossut</dc:creator>
<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 10:28:39 +0100</pubDate>
<guid>http://paxchristiwb.be/publications/analyses/vive-l-austerite-enfin-chez-nous,0000309.html</guid>
</item>
</channel>
</rss>

